29.04.2008

L’Europe veut-elle nous tuer ?

En France, un reproche est régulièrement opposé à l’idée européenne. On le retrouve systématiquement dans les argumentaires contre l’Union Européenne. Ce reproche est soulevé tantôt par les eurosceptiques tantôt par les gouvernements toutes couleurs partisanes confondues.
Il s’agit de la suprématie du droit européen qui confère une origine communautaire à 60% voire 70% des lois votées par nos Parlements nationaux. Cette suprématie, selon eux, serait à l’origine du ralentissement et de la fragilisation de notre modèle national. Bref, « nos problèmes, c’est à cause de Bruxelles Â».

Les politiques qui critiquent ces normes communautaires sont les mêmes qui, quelques mois ou quelques années plus tôt, les ont arrêtées en Conseil des ministres de l’Union européenne. Le conseil de l’Union se rassemble pour fixer les politiques européennes après négociations entre ministres nationaux concernés qui ont pris, précédemment, les instructions auprès des chefs d’Etat ou de gouvernement respectifs. Ainsi, n’est ce pas brocarder de façon malhonnête l’Europe quand ces dirigeants n’osent pas assumer dans leur pays ce qu’ils ont accepté hier, à la table du conseil ?
De plus, le collège et le président de la Commission européenne, institution qui a un rôle majeur dans la procédure législative communautaire car elle en est l’impulsion, sont nommés par le conseil de l’Union, avec approbation du Parlement Européen.
A l’origine de ces acteurs politiques, ministre ou fonctionnaires européens, il y a le choix des citoyens qui votent pour leurs représentants nationaux. C’est donc bien l’électeur lambda qui détermine indirectement l’orientation politique de l’Union Européenne.

La skyzophrénie de nos élus, et de quelques associations, a plusieurs racines. La France est réputée pour transposer les directives en droit interne avec un retard moyen de 10 ans. L’absence de préparations des ces réformes communautaires, souvent structurels donc complexes et impopulaires, fait qu’elles sont mis en place dans la précipitation, sans recul suffisant. Devant les manifestations de salariés ou de consommateurs mécontents, il est plus facile de se défausser sur l’Europe plutôt que d’assumer son manque de réactivité voire sa mauvaise foi. 
En guise d’exemple, je m’interroge d’ors et déjà sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, qui devrait intervenir à horizon 2010. Aujourd’hui, nous nous félicitons que la SNCF soit en bénéfice. En catimini, son déficit de plusieurs dizaines de milliers d’euros a été éclaté entre elle, Réseau Ferré de France (donc l’Etat et son premier actionnaire : le contribuable) et un service annexe d’amortissement de la dette (SAAD).
De plus, pour conserver un statut privilégié, le personnel chargé de l’entretien des infrastructures, compétence relevant de RFF depuis 1997, est resté à la SNCF qui se retrouve donc fournisseur et client de RFF. Cela me semble peu compatible avec les règles de concurrence et il me semble impossible que l’Europe reste silencieuse dans quelques années. Quid d’une réaction française immédiate ?

L’Europe est donc labellisée « bouc émissaire Â» par un personnel politique qui n’assume pas des choix passés et qui préfère lui imputer la responsabilité honteuse de réformes nécessaires. C’est un obstacle important pour la confiance en l’Europe. Cela témoigne aussi du manque d’information sur son fonctionnement et de la méconnaissance de l’imbrication entre les institutions nationales et les institutions européennes par le citoyen.
En tant que militants pour une Europe fédérale, résolument démocratique et accessible à tous, nous avons là un rôle majeur à jouer. Nos actions doivent contribuer à mettre un coup de projecteur sur l’Europe au quotidien, sans oublier la formation populaire sur ce qu’est l’Union européenne.

Pour en finir avec cette désinvolture, le renforcement du rôle des députés européens dans le processus normatif communautaire me semble nécessaire. Ces seuls politiques européens issus du suffrage universel direct seront ainsi revêtus d’une responsabilité. Au-delà du renforcement de la démocratie, celle-ci leur imposera une obligation d’expliquer le fonctionnement européen et l’impact de leurs choix dans la vie quotidienne des particuliers. Cette proximité des acteurs de l’Europe sera une avancée décisive pour rompre avec les idées fausses et antieuropéennes.

Enfin, n’oublions pas que la France n’est pas seule en Europe. Notre « franchouillardise Â» a effectivement du mal à se dire que d’autres modèles fonctionnement aussi bien voire mieux que notre modèle français. Gardons en mémoire que l’Europe s’est d’abord fondée sur l’ouverture entre Etats du continent.
Il reste que, si nous sommes en désaccords avec les orientations définies par l’Union, sachons prendre nos responsabilités : en 2009,  votons pour choisir nos représentants au Parlement Européen. Plus la participation sera forte, plus leur légitimité sera renforcée.

Guillaume Delarue, Jeune Européen Rennes

12.04.2008

Projet de loi OGM : quelques pas en avant

Voici un communiqué conjoint de France Nature Environnement, Ligue de Protection des Oiseaux et de la Fondation Hulot:

Les députés sont appelés à voter sur le projet de loi OGM cet après-midi. Au terme de six jours de débats intenses, ils ont adopté quelques amendements renforçant significativement le texte dans le sens d’une meilleure protection des cultures non OGM. Les principes généraux encadrant les cultures en plein champ (article 1er) ainsi que le fonctionnement du Haut conseil des biotechnologies ont ainsi été améliorés par rapport au texte voté par les sénateurs. En revanche, il est très regrettable qu’aucune amélioration n’ait été apportée sur la question cruciale de la responsabilité en cas de contamination. Il ressort que le texte sur lequel les députés sont appelés à voter ce mercredi est encore largement perfectible si l’on veut aboutir à une véritable maîtrise des cultures OGM et réellement donner corps aux principes proclamés dans l’article 1er.

I - les améliorations apportées au texte issu du sénat

. La culture des OGM mieux encadrée pour permettre la protection de lÂ’environnement et dÂ’une agriculture de qualité (article 1er)

Deux amendements adoptés à l'article 1er du projet de loi permettent de limiter la culture des OGM pour protéger l'agriculture de qualité (AOC, labels…) et l’environnement des inévitables contaminations. Cela pourrait permettre d'établir des zones sans OGM sur tous les espaces concernés par la préservation de l’environnement et la biodiversité, et par le maintien de cultures de qualité liées à un terroir. Les principes inscrits à l’article 1er devraient en toute logique être déclinés dans les autres articles du texte. Or, certaines dispositions du texte ne vont visiblement pas dans le sens d’une protection maximale de l’agriculture à haute valeur ajoutée. De plus, un manque de cohérence apparaît dans un amendement adopté après l'article 3, qui ne prévoit l’institution de périmètres que dans les parcs naturels régionaux et, qui plus est, avec des conditions très restrictives.

. Le droit à la participation du public en matière de cultures dÂ’OGM est consacré

Alors que le texte issu du Sénat faisait lÂ’impasse sur le droit de participation, les députés ont consacré ce principe à l'article 1er et à l'article 9, conformant ainsi la loi française à la Convention dÂ’Aarhus sur lÂ’accès à lÂ’information, la participation du public au processus décisionnel et lÂ’accès à la justice en matière dÂ’environnement. Cette convention exige, en effet, que les Etats signataires garantissent une participation effective et précoce du public sur les questions liées aux OGM. Avec lÂ’adoption de cette disposition, la France devrait logiquement revoir son mode de consultation actuelle des citoyens, qui consiste uniquement en un recueil dÂ’avis sur les autorisations, via Internet, et dans un délai très restreint. 

. Le fonctionnement du Haut conseil est amélioré

Les députés ont adopté plusieurs amendements permettant dÂ’améliorer le fonctionnement du Haut conseil :

La liberté de parole rendue aux membres 
Les membres du Haut conseil ne sont plus astreints d’en référer au Président du Haut conseil avant de s’exprimer publiquement, ce qui devrait permettre de renforcer la transparence des travaux et des informations apportées aux citoyens.

- La saisine indirecte du Haut conseil ouverte aux citoyens

Les citoyens peuvent, par l'intermédiaire de leur député ou de leur sénateur, saisir le Haut conseil.
Des réunions en plénière du comité scientifique et du comité économique, éthique et social sont possibles, à la demande du Président du Haut conseil ou de la moitié de ses membres.

Cette disposition permet enfin aux membres des deux comités d’échanger leurs points de vue respectifs, ce qui contribue à décloisonner leur mode de fonctionnement. Il est cependant dommage que le principe de réunions en plénière ne soit pas systématiquement prévu pour l’élaboration conjointe d’un avis sur les demandes d’autorisation.
Le texte issu de l'Assemblée Nationale conserve malheureusement la suprématie du Comité scientifique, qui élabore des avis, le comité économique, éthique et social ne pouvant qu’émettre des recommandations sur la base de ces avis.

- Vers un plan de relance de la production des protéines végétales alternatives aux cultures d'OGM importées (article 1er A)

Le gouvernement devra publier un rapport visant à préparer un plan de relance des cultures alternatives

-Les lots de semences génétiquement modifiées doivent être étiquetées (article 14 A)

II –les points qui restent a améliorer

La présidence du Haut conseil des biotechnologies reste dévolue à un scientifique

France Nature Environnement, la LPO (Ligue pour la Protection des Ois eau x) et la Fondation Nicolas Hulot estiment que le Président du Haut conseil devrait être une personnalité capable d’assurer la cohésion de cette instance. Une personnalité extérieure à l’un comme à l’autre des deux collèges et bénéficiant d’une légitimité politique serait à même d’exercer son autorité impartiale et de faire le lien entre les membres du Haut conseil et les citoyens.

- Les dispositions sur la responsabilité en cas de contamination restent très insuffisantes

Les députés n4ont apporté aucune amélioration à un régime de responsabilité minimaliste. Les dommages environnementaux ne sont pas reconnus en cas de contamination

Le projet de loi ne prend en compte que les contaminations des productions agricoles, alors que les risques sont bien plus larges et touchent lÂ’environnement dans son ensemble : plantes sauvages, espèces animales comme les abeilles et les pollinisateursÂ…
Le régime de responsabilité ne s'applique qu’à l’agriculteur qui cultive des OGM

Le seul responsable éventuel en cas de contamination est, en bout de chaîne, l’utilisateur des OGM. L’ensemble des acteurs de la filière est ainsi exonéré de toute responsabilité vis-à-vis des dégâts causés à l’environnement par les produits qu’ils mettent sur le marché. Cela revient à collectiviser les coûts en cas de contaminations dont l’origine ne peut identifiée et en cas de dommages généraux causés à l’environnement.

-Le principe de la coexistence entre cultures OGM et non OGM reste consacré 

Alors que les travaux du Grenelle ont démontré que la coexistence entre cultures OGM et non OGM est impossible, le principe de la coexistence reste affiché dans le projet de loi.
D'ailleurs, la directive européenne 2001/18, qui doit être transposée, ne parle pas de coexistence, mais de maîtrise des disséminations.

-La liste des informations ne pouvant demeurer confidentielles lors des demandes d’autorisation fixée par décret

Alors que la directive 2001/18/CE, qui doit être transposée dans le projet de loi, fixe la liste des informations ne pouvant être confidentielles, comme l’évaluation des risques, le projet de loi renvoie l’établissement de cette liste à un décret ultérieur. Dans un souci de cohérence vis-à-vis du principe de transparence qui est affiché, il serait largement souhaitable que la liste des informations accessibles au public figure dans la loi elle-même.

-Le seuil d'étiquetage devient la référence en matière de contamination !

Le seuil d'étiquetage des produits contenant des OGM est fixé au niv eau européen au seuil de 0,9%. Ce seuil ne repose sur aucune base scientifique, mais résulte simplement d’un compromis politique entre Etats membres de l’Union européenne. Des préjudices peuvent survenir dès la détection de matériel génétique modifié dans des cultures conventionnelles, particulièrement pour les nombreuses AOC françaises. De même, les éventuels dégâts causés à l'environnement ne sont pas soumis à un effet de seuil. C’est donc le seuil de détection, qui correspond aujourd’hui à moins de 0,1%, qui devrait être pris comme référence.

En résumé, la première lecture à l'Assemblée Nationale se traduit par un certain nombre d'avancées significatives sur les principes devant guider la mise en culture des OGM. Toutefois, le texte présente encore de nombreuses faiblesses.
France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et la LPO espèrent que le vote en 2ème lecture au Sénat ne sera pas l’occasion de revenir sur les améliorations apportées au texte par les députés, mais bien au contraire d'améliorer encore la protection de l’environnement et de l’agriculture de qualité et de renforcer le régime de responsabilité.

09.04.2008

Loi OGM: vers l'enterrement des conclusions du Grenelle de l'Environnement ?

Différents courriers électroniques envoyés pour demander plus de courage de la majorité UMP concernant la loi OGM.

Au premier Ministre:

Madame, Monsieur,

Après lecture de la presse de ce matin, j'ai été très surpris de voir la position du Premier ministre sur l'amendement Chassaigne, qui garantit des filières de production commerciales qualifiées «sans OGM». Cet amendement défend un vrai choix pour le consommateur.
«L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté. Je m'engage à faire en sorte qu'en deuxième lecture, l'amendement soit supprimé" a dit Monsieur Fillon.

Au-delà de la violation de la décision souveraine de la représentation nationale, le Premier Ministre se détourne fondamentalement des finalités du Grenelle de l'environnement. Cette citation dans la presse, si elle est avérée, déséquilibre le texte sur les OGM au profit des grandes entreprises chimiques, pollueuses et ne protége plus la culture raisonnée et respectueuse de l’environnement.

Quant on est électeur de droite et que l'on agit pour l'environnement, il semble qu'on ne peut pas faire confiance au gouvernement. Alors à qui se vouer?
Je suis déçu de cette position. Quid des promesses électorales ? Cela est, de plus, un mauvais présage pour la réforme des institutions notamment le renforcement du Parlement.

Cordialement,
Guillaume

UMP:

Bonjour,

Face à la lever de bouclier de la majorité des parlementaires UMP contre les amendements de la loi OGM qui protègent la liberté du consommateur et qui tentent de maintenir le texte dans les conclusions prises par le Grenelle de l'Environnement, j'aimerais, en tant qu'adhérent de notre mouvement, connaître votre position sur ces amendements notamment l'amendement Chassaigne.
Etant convaincu que vous y serez favorables car vous êtes le porte-voix des adhérents et que vous connaissez les pressions des entreprises chimiques et polluantes pour diriger l'agriculture mondiale,  je vous invite à dire d'une voix forte l'intérêt supérieur de l'environnement et du choix du  consommateur sur les intérêts financiers, peu soucieux de la nature, des ces seules entreprises.
Ensembles, soyons courageux et faisons que l'UMP soit la force politique courageuse, résolument tournée vers l'environnement.

Très cordialement,
Guillaume

Monsieur Goulard, député de ma circonscription: 

Monsieur le député,

Après les reculades de la majorité sur les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, j'aimerais connaître votre position sur ce texte et particulièrement sur l'amendement Chassaigne qui garantit des filières de production commerciales qualifiées «sans OGM».

Je suis électeur de Sarzeau, sur votre circonscription du Morbihan. Cette commune est placée dans un environnement extraordinaire et tellement fragile. Vous avez dit aller souvent sur notre Presqu’île de Rhuys.
Je connais votre liberté de parole. Aussi je vous invite à faire un geste fort en soutenant ces amendements qui nous protégent tous et équilibrent ce texte en le soustrayant aux pressions des entreprises chimiques et polluantes. Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Je vous remercie de me communiquer votre position sur ces amendements.
Cordialement,
Guillaume

Monsieur Grosdidier, seul député UMP favorable à l'environnement:

Monsieur le député,

Après les reculades de la majorité sur les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, je vous félicite de votre voix discordante et libre.
Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Je  suis membre de votre parti politique. Vous êtes la voix des membres de l’UMP qui veulent une agriculture raisonnée voire biologique et diversifiée et qui ne peuvent plus compter sur les autres parlementaires. Je suis scandalisé des propos du Premier ministre qui visaient à supprimer l’amendement Chassaigne. A quoi sert alors le Parlement ?

Continuez à faire ces gestes forts en soutenant ces amendements qui nous protégent tous et équilibrent ce texte en le soustrayant aux pressions des entreprises chimiques et polluantes.
Je vous remercie encore pour votre position et votre courage.
Cordialement,
Guillaume

Monsieur Copé, député qui s'acharne particulièrement contre les amendements défendant les consommateurs: 

Monsieur le député,

Après avoir lu votre position contre les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, je suis surpris de voire votre acharnement à lutter contre ceux-ci.
Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Maintenir le flou sur l’origine des produits et briser la libre expression des professionnels dans l’instance consultative peuvent être des encouragements au manque d’honnêteté des études sur les OGM, menées par les entreprises agrochimiques (cf. étude de l’AFSSA notamment sur les impacts du maîs MON 810 qui contredisait les études de Monsanto).
Je tenais simplement à vous faire connaître ma déception. Les intérêts sont tellement importants, l’environnement est si fragilisé. Ce texte aurait pu être un signe fort de rupture.

Cordialement,
Guillaume

26.03.2008

Le Conseil d'Etat: appliquons la précaution aux OGM !

 En février, après le Grenelle de l'Environnement, les associations ont amené le gouvernement à suspendre la culture du Maïs Mon 810 et à activer la clause de sauvegarde auprès de la Commission européenne. Le 17 mars 2008, saisi par Monsanto et le lobby pro-OGM, le Conseil d’Etat vient de confirmer la légitimité à la fois scientifique et juridique de la mesure de suspension.

Au-delà du fait qu'il faut attendre une décision du Conseil sur le fond, cette première décision du juge administratif est remarquable: le doute d'un risque grave et irréversible a été plus fort que l'intérêt économique de Monsanto et des quelques agriculteurs OGMatisés.

Maintenant, il convient de dire qu'il s'agit d'une suspension pour une durée d'un an. Suspension qui doit servir Ã  faire les études nécessaires pour connaître la contamination qu'entraîne ce maïs transformé sur le reste de la nature.
Après avoir regardé le reportage "le monde selon Monsanto" sur Arté, j'espère que la France saura se montrer plus pertinente que cette firme spécialiste dans l'omission de la communication d'informations capitales. Des études ont déjà montré que les OGM contaminent les cultures à proximité d'une dizaine de kilomètres et modifie irrémédiablement la composition de la faune des sols

Maintenant, si le juge considère que l'intéret environnemental devient majeur, tout reste ouvert. Il s'agit tout de même de l'impact de nos expérimentations sur la nature et sur l'Homme. Le cancer est l'une des premières conséquences des herbicides et pecticides sur l'Homme: il est temps de nous mettre face à nos responsabilités et de nous protéger.

23.02.2008

Le Parisien, un journal "charognard" ?

Aujourd'hui, samedi 23 février, le Président de la République a été vister le salon de l'agriculture. Ce soir, en allant sur lefigaro.fr, je vois la dépêche: Salon: Sarkozy invective un visiteur

Me disant "qu'est-ce qu'a encore fait notre Président ?", j'ai vu cette vidéo. Et là... Bah rien !
Le Parisien donne une vision dramatique de l'affaire: "à mi-parcours environ, il s'est soudain vu vertement repoussé par un visiteur du salon auquel il s'apprêtait à à accorder une poignée de main. Ambiance surchauffée et cohue, le Chef de l'Etat s'est alors emporté: "Casse-toi, casse-toi pauvre con" a-t-il lancé, avant de reprendre son parcours mouvementé. Un écart de langage qui n'est pas sans rappeler sa colère face aux pêcheurs bretons." (cf commentaire du journal)

En regardant la vidéo, on remarque que le Président Sarkozy, souriant et détendu, serre des mains. Un type reste là, agressif, sans bouger et lui dit "ah non, touche-moi pas" (remarque: s'il savait parler français, il aurait dit : Ah non, ne me touche pas). Le président a alors répondu "Casse-toi, alors". "Tu me salis", a enchaîné le badaud. "Casse-toi alors, pauvre con", a répliqué le président.
Ce qui est drôle, c'est de voir la désinformation intolérable du journal Le Parisien: parcours mouvementé, ambiance surchauffée et cohue, vertement repoussé,... Après avoir visionné la vidéo, on voit qu'il y a du monde pour voir le Président de la République, que l'ambiance est bonne enfant et qu'il n'y a pas matière à dramatiser.
Faire le lien avec la réaction courageuse du Président face aux pécheurs est bienvenu: Nicolas Sarkozy montre que la fonction de Président de la République Française ne plie pas devant le français moyen, irrespectueux, qui est persuadé de faire un geste héroïque en injuriant le chef de l'Etat.

Et dire qu'on en trouve à s'offusquer parce qu'un président a dit "con"! C'est malheureux...
Ce qui est choquant dans cette affaire, c'est qu'un journal ment soit pour attirer du monde sur son site soit pour porter atteinte à Nicolas Sarkozy soir les deux...

15.02.2008

Enfin l'ouverture de la Droite vers la gauche !!

Je suis foncièrement de droite et candidat UMP sur une liste "Majorité Présidentielle"  à Sarzeau, commune du Morbihan de la presqu'île de Rhuys, menée par David Lappartient. Je considère que le programme défendu par ma liste est celui qui correspond, évidemment, le mieux à ma commune et je considère que David est déterminé, disponible et ouvert. Mais est-ce du fait d'être de droite ou non? Bref, la question est: les municipales, on vote pour le local ou son parti ?

Au regard des différentes autres communes que je connais comme Rennes, Nantes et Paris, je serais tenté de dire: "mais où va la majorité ?" Effectivement, la droite semble absent des intérêts locaux et des attentes des habitants de ces villes. Je m'intéresse, d'ailleurs avec plus de sérieux, au programme défendu par la gauche dans cette différentes villes...

A Nantes, on entend tout et n'importe quoi.... L'union n'a pas été le maître mot des tractations dans la droite nantaise dont les leaders sont les mêmes depuis trop longtemps. Il demeure des rancoeurs dans cette droite municipale. Les forces et les talents n'ont pas été additionnés pour Nantes. Dommage! Pourtant, à l'écoute des arguments avancées par l'actuelle municipalité socialiste, dirigée par Jean-Marc Ayrault, il me semble que seule la liste de gauche semble la plus à même d'agir pour l'intérêt général des Nantais.

A Rennes, les divisions de la droite sont tellement dérisoires. Pour quel but ? J'ose me poser encore la question ! Surtout que ces divisions portent sur une éventuelle alliance avec le Modem... Mais, si l'on se pose la question de fond: quel programme pour Rennes qui fut bien gérée sous l'ère Edmond Hervé ? Pas grand-chose... Le seul soucis est la sécurité: la liste de gauche, soutenu par l'actuel maire Hervé, y répond avec tempérance mais réalisme. Il suffirait de lui faire confiance puis d'être exigeant dans l'avenir.

A Paris, Là... Le débat est bas... C'est triste pour la première ville de France. Mme Panafieu traite M. Delanoë de "tocard" puis se défend en disant, avec assurance voire arrogance, que c'est "plutôt sympa". Puis la candidate UMP souligne que le maire de la capitale ne s'y connais rien en affaire de famille .... Quel argument ! Permettez-moi d'en douter! Je pense que l'on mérite mieux...

N'y a-t-il pas d'autres arguments dans ces communes ayant des particularités locales riches et diverses ? J'en doute et serait tenter de d'applaudir le réalisme local de la gauche ( totalement absent au niveau national).

Je crois qu'il suffirait de voir le pathétique épisode, non clos, de la ville de Neuilly. Elle revêt un caractère particulier puisqu'il s'agit de la ville du Président. Il y a eu l'épisode de l'énarque Martinon. Les citoyens ont dit "NON". Puis le dissident Fromantin est devenu l'officiel et l'officiel Teullé est devenu dissident.
Si vous comprenez ...

Ainsi, on avance une déroute de la majorité dans ces élections municipales. Cela vous étonne ? Moi, non ! Pourquoi ne pas avoir laissé, dans chacune de ces villes, la parole et la décision aux adhérents de l'UMP ? On se rend compte que Paris n'a réfléchi qu'à partir de concepts parisiano-parisiens mais point nationaux.
Alors, oui, je pense qu'il faut voter pour le candidat qu'on pense être le meilleur dans sa commune. Votez local ! Et point de conclusions nationales!

Sur la baisse de notre président dans les sondages, je me permettrais de mettre en avant ce que l'on m'a dit c'est-à-dire le critère superficiel de Nicolas Sarkozy ( voire un peu plouc) . On ne veut pas d'un président qui sort des annonces devant les ouvriers de Mital, devant les pêcheurs, devant la télévision nationale publique, ... et qui n'ont pas été réfléchies et ne sont pas applicables. On ne veut pas de visite de dictateurs en France qui a droit au tapis rouge, qui ne signe aucun contrat mais qui profite alors qu'une députée somalienne, condamnée à mort par l'islamisme pour avoir  critiqué une réalité, n'a pas droit à la nationalité en vue de la protéger. On ne veut pas de l'arrogance qui nous a été opposées lorsque la France s'est vantée seule d'être à l'origine de la relance européenne alors que l'Allemagne y travaillait depuis plusieurs mois , ... Et surtout, on ne veut plus d'un président people, attiré par ce qui brille.
J'espère encore qu'il s'agit d'une désinformation ou d'une période passagère mais j'en doute. Je reste toutefois confiant: après les municipales, tout va rentrer dans l'ordre ! Les Français ont besoin d'être rassurés.

31.01.2008

Le rapport Attali : une chance à saisir

Jacques Attali a rendu son rapport le 24 janvier dernier. C'est le fruit de la Commission pour la libération de la croissance, créée par le Président Sarkozy dans le but de pulser la situation économique de la France, trop à la peine.

On en a déjà beaucoup parlé et, je le pense, trop critiqué. C'est un rapport qui pose les questions qui dérangent. Le Président qui réformera la France sera un Président impopulaire ... Mais, Ã  long terme, c'est la France qui sera gagnante! Il faut casser les barrières, les blocages qui ne laissent pas libres de travailler où l'on veut, pour faire ce que l'on veut. Cela ne veut pas dire que il y faut une libéralisation totale et que l'Etat ne doit avoir aucun rôle. Il doit continuer à agir pour maintenir un équilibre entre tous.
Je fais parti de ceux qui pensent que la concurrence, la libre pénétration dans les marchés sont positifs pour le travail.
La France a trop souvent l'impression qu'elle a la meilleure législation d'Europe, voire du monde, les meilleurs services publics, .... Or ceux-ci ne fonctionnent pas ou uniquement grâce au patronage généreux de l'Etat (donc des contribuables). Je me félicite de l'avis favorable donné par la Commission européenne à ce rapport Attali car je suis convaincu que l'impulsion du changement viendra de l'Union Européenne, tant nos conservatismes sont grands. C'est un encouragement important, qui conforte le bien fondé du travail de la commission.

Maintenant, il faut être vigilant pour que soit réellement  appliqué les 316 mesures courageuses et éviter que ce rapport en soit un de plus. Je regrette que le Président Sarkozy en est déjà écarté certaines et je souhaite qu'elles fassent l'objet d'un débat au Parlement sans, pour autant, qu'elles ne soient dénaturées de leur contenu ( risque non négligeable, surtout en période électorale ).

N'hésitez pas à le télécharger et à le lire, pour aller au-delà des quelques mesures sur-médiatisées: Rapport Attali.pdf

20.01.2008

Oui aux quotas pour la pêche! Non à une gestion purement française!

Le président de la République s'est rendu hier à Boulogne-sur-Mer pour discuter avec les pecheurs. Il a avancé l'idée d'une remise en cause de la politique des quotas de la pêche fixés par la Communauté Européenne. A savoir: la France prendra la présidence de l'Europe en juillet prochain.

Même s'il est nécessaire de rassurer cette catégorie professionnel qui fait un travail dur, rude soumis aux aléas de la nature et pas seulement, je ne peux être en accord avec les propos de Nicolas Sarkozy. Encore une fois, un dirigeant français tente de résoudre un problème en l'enfermant dans un cadre strictement interne, préférant revenir sur la norme européenne.
La politique des quotas permet la gestion des stocks naturels de poissons de façon raisonnée. On le sait : nos océans deviennent des poubelles et voient leurs ressources appauvries. Ces quotas sont nécessaires pour maintenir les espèces, qui ne nous appartiennent pas.
Affirmer que les pêcheurs sont les premiers à avoir intérêt à sauver la ressource est vrai. Mais cela ne veut pas dire, j'en suis désolé, qu'ils ont raisons. Vouloir élargir ces quotas leur donnera un emploi à court terme mais posera un grave problème à long terme.

Cette politique européenne sur la pêche est donc nécessaires et justifiée pour préserver l'emploi et pour sauver les ressources de nos mers. Elle doit s'appliquer uniformément à tous les Etats-membres de la Communauté.
Maintenant, je sais qu'il faut aider les pêcheurs. L'Etat peut là, avec intelligence, réagir en demandand à la Communauté Européenne une dérogation concernant l'attribution d'aides.

13.01.2008

Quand les socialistes préfèrent leur parti à l'Europe ...

C'était une phrase de Jean-Pierre Raffarin, premier Ministre qui avait fait grand bruit: "les socialistes préfèrent leur parti à la Patrie". L'actualité traduit la véracité de ces propos même s'il faut reconnaitre que nos socialistes bien franchouillards ont évolué: l'intéret de leur parti dépasse maintenant l'intéret européen.

Je ne me souviens plus de l'occasion de cette sortie rhétorique. Je me permettrai simplement de l'actualiser à travers le traité de Lisbonne. Le PS nous sert un triste spectacle d'un parti qui, décidément, ne sait plus où il en est. Une partie du PS est anti-Europe: c'est la branche gauche, constituée de Fabius, Mélanchon, Montebourg, ... Une autre partie, celle des démocrates-sociaux, est européenne: Moscovici (par ailleurs ancien président du Mouvement Européen français), Valls, Lang,...
Cette séparation idéologique importante au sein d'un même parti ne peut se voir qu'au PS. Faire semblant d'être uni, d'être qu'un parti mais se diviser sur l'essentiel.

Le Parlement sera prochainement convoqué en Congrès. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a requis, pour ses élus, le boycott de ce moment de démocratie et d'avancée européenne. Bizarre pour un parti qui se proclame européen et irresponsable devant le blocage de l'Union.
Alors, il avance l'idée d'un référendum. Très bien mais pourquoi? Parce que le "non" l'a remporté en mai 2005 et ce que le peuple a fait, le Parlement ne peut le défaire.db2cb64bc66a7014de63ab306d554e6a.jpg
Ces arguments ne tiennent pas. Déjà parce que ceux qui demandent un référendum sont exclusivement anti-européens. Ensuite parce que le Traité Constitutionnel Européen visait à instaurer une Europe fédérale. Le référendum était alors requis car le TCE modifierait en profondeur l'organisation de nos institutions (article 11 de la Constitution). Or, avec le Traité de Lisbonne, c'est un traité parmi d'autres qui modernise simplement le fonctionnement des institutions communautaires. Rien ne changera dans notre fonctionnement interne français.

Cette position des socialistes français est bien regrettable. Je me félicite de la position de Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry, qui a dit sur Canal plus: Â« Ne pas privilégier d'abord nos affaires internes et de boutique » et qui votera "oui" à la modification constitutionnelle puis "oui" au traité de Lisbonne.
Cela doit nous prouver que l'opposition n'est pas totalement perdue. Maintenant, il faudra veiller à choisir un premier secrétaire qui sera sur la même ligne ou demander à une partie du PS de rejoindre l'extrême-gauche ou de choisir l'évolution de la société, c'est-à-dire la modernité.

11.01.2008

La loi sur la rétention de sûreté: dans le bon sens mais sans limites...

Les dernières années nous l'ont montré, il n'y a pas de solutions miracles aux pédophiles et récidivistes qui demeurent un danger perpétuel malgré la peine de prison.

La loi sur la rétention de sûreté tente de répondre à ce vide. C'est là un point positif. Toutefois, il y a une chose qui me gène: peut-on déterminer le risque de récidive d'une personne? Peut-on retenir sans durée déterminée un condamné jugé dangereux? Et surtout, est-ce ça les hôpitaux-prisons, promis par le candidat Sarkozy durant la campagne?

Sur le sujet des hôpitaux-prisons, je m'attendais plutôt à une réponse sur l'incarcération de personnes souffrant de maladie mentale. Il n'y a pas toujours pas d'issue pour ces personnes incarcérées qui n'ont rien à faire en prison et qui doivent être d'abord soignées. Il faut aussi avouer qu'elles peuvent représenter un danger pour les autres prisonniers et ainsi se mettre en danger.

Pour mieux comprendre ce texte, voici un article de Libération: 

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Les principales dispositions

Le premier volet a été inspiré par l’assassinat à Pau en 2004 de deux infirmières par un jeune schizophrène déclaré irresponsable. Face aux familles des victimes, Nicolas Sarkozy s’était révolté qu’il n’y ait pas de procès. La première rédaction du projet de loi prévoyait donc que puissent être rendus des «arrêts de culpabilité civile» à l’issue d’une audience publique devant la chambre de l’instruction. Retoquée par le Conseil d’Etat, cette notion de «culpabilité civile» a disparu. Seule est maintenue la possibilité d’une audience devant la chambre de l’instruction, qui existait déjà auparavant.

La deuxième partie du texte est le volet «affaire Evrard», rédigé suite à l’enlèvement et au viol du jeune garçon Enis par un pédophile récidiviste en août 2007. Il prévoit que, à l’issu de leur peine, certains pédocriminels jugés particulièrement dangereux puissent être maintenus enfermés dans des centres de rétention de sûreté.

Qui est concerné ?

Tandis que le premier volet est peu débattu, car largement vidé de son contenu depuis l’intervention du Conseil d’Etat, le second concentre les inquiétudes. La rétention de sûreté devrait s’appliquer aux personnes condamnées à une peine de prison de quinze ans ou plus pour un crime à caractère pédophile. Leur dangerosité serait évaluée après expertise psychiatrique par une commission pluridisciplinaire. Trois magistrats décideraient ensuite de la rétention, pour une durée d’un an renouvelable, dans un «centre socio-médico-judiciaire».

Voulant rassurer, la garde des Sceaux a déclaré que seule «une quinzaine» de personnes seraient concernées. Depuis, le directeur de recherche au CNRS spécialiste des prisons Pierre-Victor Tournier ne cesse d’interroger la chancellerie pour connaître l’origine de ce chiffre. En vain. «Peut-on légiférer dans une telle ignorance ?» se demande-t-il. Quant à l’autre déclaration médiatique de Rachida Dati, à savoir l’annonce de l’ouverture du premier centre socio-médico-judiciaire à Fresnes fin 2008, elle semble tout aussi déconnectée du réel… Puisque, compte tenu de la non-rétroactivité de la loi, les premiers placements en rétention de sûreté ne pourront intervenir qu’en 2023. Réalisant in extremis l’incohérence, le gouvernement a déposé hier un amendement pour tenter de rendre le texte immédiatement applicable.

Un risque de «dérive du droit» ?

C’est donc avant tout un principe que les opposants au projet combattent. Robert Badinter dénonce l’idée qu’on puisse maintenir une personne en détention «pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle a fait». «Priver quelqu’un de sa liberté sans infraction, au nom de sa dangerosité supposée, c’est une idée qui remet en question les fondements même de notre justice pour se rapprocher des régimes totalitaires», s’insurge l’ex-ministre de la Justice socialiste.

Moins médiatisée, mais tout aussi marquante, la position du commissaire européen aux Droits de l’homme Thomas Hammarberg, qui condamne le fait que des individus se voient refuser «la libération définitive une fois leur peine entièrement purgée, pour peu que des experts les aient catalogués comme dangereux». De telles décisions lui semblent incompatibles «avec le droit de n’être pas jugé ou puni deux fois» en l’absence d’une nouvelle infraction.

Que disent les experts ?

«En demandant un pronostic de récidive, qui est une chose impossible par nature, on veut faire endosser aux psychiatres un rôle qui excède totalement leur compétence», tempête Daniel Zagury, expert psychiatre. «Personne ne voudra prendre la responsabilité de faire sortir quelqu’un d’un centre de rétention de sûreté», poursuit l’expert, qui s’insurge contre «la propagande du risque zéro». «Le risque zéro, ça n’existe pas, où alors il faut enfermer 40 % de la population.»

A l’hôpital psychiatrique Charles-Perrens de Bordeaux (Libération d’hier), où une unité s’est spécialisée dans le suivi des délinquants sexuels, le docteur Bernard Antoniol partage cet avis, rappelant que «l’enfermement psychiatrique existe déjà». Créer un nouveau type d’enfermement pour des personnes qui sortent de prison, poursuit-il, c’est nier «la vertu thérapeutique de la peine». «A quoi ça sert de condamner les gens à quinze ans, si on en est au même point à l’issue de ces quinze années ?"  
<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

 

Selon moi, ce texte n'est pas dérangeant en soi. Le fait que l'on prolonge une détention parce que la personne est encore dangereuse me dérange toutefois. Il est compréhensible de ne pas libérer une personne s'il est un risque récidiviste mais je préfèrerais un suivi de la personne en dehors de la prison et une obligation de soin en raison de sa dangerosité.
De plus, ce qui est dérangeant, c'est que cette seconde détention n'est pas limitée dans le temps et qu'un poids important pèse sur les experts. De plus, ce texte ne résoud en rien le cas des détenus malades psychiatriques qui sont mis en cellules sans soins. C'est regrettable. J'espérais que cette idée d'hôpitaux-prisons serait une alternative à la détention pour ce personnes.

09.01.2008

Reprise prochainement

Après une longue période d'arrêt, je réalimenterais ce blog dés cette semaine. L'actualité est très fournie: Parkistan, élections américaines, conférence de presse de Sarkozy, ... et annonce une année 2008 chargée.
A très bientôt!

01.01.2008

Bonne année à tous!

Mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année à tous ceux qui liront ces quelques lignes.

Je souhaite également un peu de bonheur pour ce monde qui rentre dans 2008, sous le signes des conflits et tensions internationales...  

 

2ce4fcea228e5ea6fbaab48bdb9517cf.gif

 

28.12.2007

La fin du scandale de l'Arche de Zoé

Assez! On ne peut qu'en avoir qu'assez d'entendre parler de cette association obscure qui a ébranlée la confiance du Tchad dans les associations oeuvrant sur son sol. On ne peut qu'être interloqué devant l'assurance et l'arrogance de son dirigeant Monsieur Breteau et de sa compagne. On ne peut qu'être choqué de voir que des familles françaises aient versées des sommes importantes pour accueillir un enfant, en dehors des procédures habituelles d'adoption.

Mais qui sont ces enfants? Tous orphelins ou non? Tchadiens ou Soudanais ? Qui a été à l'origine du mensonge qui consistait à prendre ces enfants de leur village en assurant aux ascendants qu'ils iraient dans une école coranique: les français ou les intermédaires ? Qui les a barbouillés de mercurochrome et les a bandés pour mieux permettre leur échapée vers la France ? Notre pays était-il au courant de cette opération ?

Autant de questions que la Cour tchadienne a dû répondre. D'ailleurs, y a-t-il eu des pressions françaises pour une clémence des juges ? Y a-t-il eu une pression des autorités tchadiennes pour que cette affaire soit une preuve qu'on ne fait pas n'importe quoi au Tchad ?

Reste que les juges de la Cour criminelle de N'Djamena ont statué sur une peine de huit ans de travaux forcés après que le procureur en ait requis 11 ans. Aujourd'hui, c'est-à-dire Vendredi, les condamnés seront rapatriés en France, conformément à une convention entre les deux États. La peine sera transformée en une peine d'emprisonnement et les dommages et intérêts aux victimes resteront à la charge des membres de l'association (certains voulaient que la France s'acquitte de cette peine!) C'est aux futurs détenus de choisir le centre de détention de leur choix...

Malgré le fait que l'on puisse s'interroger sur l'unicité de la peine quelque soit la responsabilité des membres de cette association, cette affaire souligne qu'on ne peut pas faire n'importe quoi sous couvert associatif, même en Afrique.
On peut regretter que personne ne s'interroge sur l'absence d'excuses des protagonistes et sur le flou qui règne autour de cette triste affaire. Pour expliquer cela, certain vont jusqu'à avancer une opération secrète de la France au Darfour.

Ainsi, la clarté ne sera donc pas de mise sur ce qu'il convient d'appeler un cas isolé d'une association arrogante et misérable.

Joyeuses fêtes de fin d'année à tous!

Ayant fait, sans prendre le temps de vous prévenir, un temps de pause pendant ces vacances, je vous prie de m'en excuser.

Par cette présente, je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année!

06.12.2007

La prise en main de jeunes de Villiers-le-Bel: non, ils ne sont pas ce qu'on a dit d'eux.

Jeudi 6 décembre, un collectif de d'habitants de Villiers-le-Bel a écrit une lettre judicieuse au Président de la République sur ses déclarations après les échauffourées dans cette commune.
Voici le texte intégral:

Collectif des Jeunes de Sarcelles et Villiers-le-bel
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

 Â« Quand en Corse cela explose quasiment chaque soir et que des gendarmeries sont mitraillés régulièrement, vous n'osez pas parler de voyoucratie.

Quand, des dizaines d'hommes et de femmes encagoulés et équipés d'armes de guerre, défient l'Etat tout entier, vous vous gardez bien de faire le moindre commentaire, et mieux encore, vous négociez avec eux.

Quand les marins-pecheurs brûlent dans leur région des bateaux et des pneus, quand les pompiers chargent les CRS pendant une manifestation, quand les chasseurs saccagent un ministère de la République, il n'est question ni de voyou, ni de bande, ni d'intégration.
Nous avons condamné sans ambiguïté l'usage de la violence sur les personnes comme sur les biens.

OUI nous avons voulu, au-delà de la douleur des familles et de la perte tragique des enfants, faire entendre nos voix une fois de plus pour vous alarmer sur les conditions de vie dans nos quartiers.
Et comment faire autrement ? Puisque les promesses électorales et les centaines de forums qui ont suivi la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-bois n'auront même pas suffit à vous faire bouger.

Mais s'il vous est toujours plus commode de vouloir monter nos concitoyens entre eux en nous faisant passer pour les sauvageons de la République, sachez que vous prenez le risque de jeter le discrédit sur tous les habitants de ces quartiers et de renforcer par vos déclarations les discriminations dont nous sommes victimes.
Les voyous monsieur le Président, sont celles et ceux qui ont géré les banlieues avec le succès que l'on constate.
Les voyous, monsieur le président, sont celles et ceux qui ont toujours refusé de nous considérer comme des enfants de France, de faire venir dans nos quartiers les meilleurs professeurs, de mettre plus de policiers dans nos villes qu'à Paris.

Puisque le durcissement des peines est à la mode, nous vous suggérons de vous pencher sur les entreprises, les bailleurs ou les partis politiques qui ne respectent pas le principe d'égalité de notre République.
Quant à nous, nous assumerons désormais nos choix en construisant nous même l'avenir de nos quartiers sans plus rien attendre de plans de banlieues jusque là tous imaginaires. Â»

J’avais souligné, dans le billet intitulé Un Président de la République déterminé!, mon désaccord devant les propos du président lors de son entretien télévisé.
Cette lettre, si elle est apolitique et indépendante de toute association ou groupe divers, est une initiative intéressante et largement positive. Je souhaite vivement que les médias fassent échos de ce courrier pour faire changer le point de vue sur les quartiers populaires et surtout sur les personnes qui ne veulent pas être mis dans le même sac que les individus minoritaires qui refusent la loi de la République.
Le Président Nicolas Sarkozy doit remettre la confiance dans les banlieux et concentrer la lutte contre les véritables « voyoux Â». La République doit également encourager les initiatives des habitants de ces quartiers qui souhaitent améliorer leur vie quotidienne.

30.11.2007

Un Président de la République déterminé!

Le président Nicolas Sarkozy a été clair, hier soir: il faut augmenter un pouvoir d'achat qui a trop baissé.

Je ne reviendrais pas sur les diverses mesures proposées déjà largement commentées. Toutefois, je note que le Président s'est engagé à les faire entrer en vigueur à partir de janvier 2008. Ce sont globalement des mesures qui pourront porter leurs fruits. Enfin, Nicolas Sarkozy ose s'attaquer aux 35 heures, responsable du blocage des salaires. Qui pouvait raisonnablement penser qu'en travaillant moins, on pouvait augmenter des salaires? Travailler moins veut dire produire moins et donc vendre mois.
Pourquoi avoir imposer de tels carcans idéologiques? La gauche pourrait reconnaître son erreur.

Enfin, point de divergence: la situation des banlieues après les débordements de Villiers, en région parisienne. Il y a une situation compliquée et je suis en désaccord avec le chef de l'État quand il dénie la défaillance sociale des quartiers populaires. Effectivement, il y a des trafics. Mais pourquoi? Parce que la République a délaissé ces territoires, parce que nous n'avons pas eu une politique d'immigration qui forçait à adopter la culture française, parce que les politiques ont laissé ces territoires à une main-mise islamiste, qui devait maintenir le calme dans ces quartier et qui est devenu le seul référant pour bien des jeunes. Cela contribue aux amalgames et stygmatise l'ensemble des musulmans de France.
Il faut donc redonner de l'espoir dans les quartiers populaires et réinvestir ces quartiers. Ceux qui veulent s'en sortir doivent pouvoir le faire. Ceux qui veulent les empêcher doivent être sanctionné.
La loi votée sur le regroupement familiale impose de parler français, c'est un gage d'intégration. Il faut une répression mesurée des débordements qui viseraient plutôt à casser les meneurs. Surtout, veillons bien à ne pas montrer du doigt toutes les banlieues comme étant des lieux de casse. Les habitants de ces quartiers n'ont pas à s'excuser d'y vivre.
J'attends beaucoup du plan Marshall pour les banlieues qui sera prochainement présenté à la Représentation Nationale. Et pourquoi ne pas tenter l'aventure de la police de proximité, qui aurait un rôle de prévention et de sanction? 

Je lis dans les réactions à l'intervention du chef de l'Etat qu'il n'a rien dit sur les retraites trop basses de français qui ne pourront pas aborder les fêtes de Noël avec quiétude... Je les comprends cette inquiétude: après une vie de travail, on peut espérer avoir un juste retour.
Toutefois, Nicolas Sarkozy a apporté des réponses en révisant les régimes spéciaux. Il faut aller plus loin car cela ne suffira pas. En 1945, le régime des retraites était accordé à partir de 60 ans pour une durée de vie de 62 ans.
Je propose de libéraliser l'âge du départ à la retraite. Fixer une limite va à l'encontre de la liberté et de l'initiative individuelle. De plus, il faut augmenter soit les cotisations soit la durée de cotisation en fonction de la durée de vie.

Il faut conserver notre système de retraite en l'adaptant aux contraintes actuelles. Ouvrons le également à la capitalisation.

 Ainsi, j'apporte mon soutien au président de la République pour l'action qu'il va mener en faveur du pouvoir d'achat.

29.11.2007

L’Algérie : l'enlisement antisémite ?

002e22b8c04be6dbe8bc042f1b12718c.jpg« Qui ne dit mot consent Â» cet adage juridique traduit bien l’ambiance qu’il règne en Algérie. Après les intolérables propos antisémites du ministre aux Anciens Combattants, Mohammed Cherif Abbés, aucune condamnation officielle n’est venue de la part de la tête de l’Algérie et notamment du président Bouteflika.

Effectivement, Mohammed Cherif Abbés a affirmé: «Vous connaissez les origines du président français [...] Ceci était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif, qui a le monopole de l’industrie en France.» Ces propos sont intolérables pour une personnalité chargée de responsabilités ministérielles, surtout avant un voyage diplomatique entre la France et l’Algérie.
Ce matin, jeudi 29 novembre, le secrétaire général de la puissante Organisation nationale des Moudjahiddines (anciens combattants) Saïd Abadou a carrément dit que « Sarkozy n’est pas le bienvenu Â» en Algérie.

Cela traduit également la rancœur que portent certains dirigeants contre la France 47 ans après la guerre d’Algérie et la dérive antisémite qui gagne dans certains pays musulmans.
Il est également regrettable de voir que le chanteur juif Enrico Macias a été qualifié de personne non grata, toujours par ce ministre. Ce n’est pas digne d’un Etat comme l’Algérie.

Ainsi, j’ose espérer que la France tirera les conclusions de ces déclarations.128dbf00b720922abe5f581402a9a34d.jpg
Dans l’attente des excuses de Mohammed Cherif Abbés et d’une condamnation officielle et  claire de tels propos par le chef de l’Etat algérien, Nicolas Sarkozy doit repousser son voyage et appliquer les dispositions de la loi sur l’immigration et le regroupement familiale aux ressortissants algériens (ce n’est pas le cas aujourd’hui, après un règlement bilatéral entre les deux pays) pour éviter que cette mentalité d’un autre siècle ne se répande en France.

J'ose espérer qu'il ne s'agit que d'avis isolés. 

25.11.2007

Russie: vers une dérive totalitaire

Les mois à venir verront des Ã