11.03.2009

L’Europe et Morano : qui avance masqué ?

Ce matin, je surfe, comme beaucoup de matin, sur les différents sites des journaux.

Deux articles retiennent particulièrement mon attention : Nadine Morano et son projet de statut de beaux-parents et Sarkozy qui veut s’engager pour les élections européennes.

 

Concernant le statut du beau parent, nous semblons découvrir qu’il s’agit de légiférer également sur l’homoparentalité. C’est l’application de la théorie de la modification à la marge : sur un sujet qui bloque l’opinion publique, on effectue de petits changements sur du long terme. Le débat s’en retrouve dissolu et vide. Bref, on évite les arguments des adversaires.

Jean-François Copé a voulu mettre en place un groupe parlementaire sur le thème de l’homoparentalité, qui va être confié au député Jean Leonetti, estimant que si l’exposé des motifs de la loi en parle, il est normal de faire clairement (et démocratiquement ?) un débat.

Nadine Morano s’est opposé à la constitution d’un tel groupe. Du coup, plusieurs réflexions me sont venues. Je me souviens du candidat Sarkozy qui fut, en 2007, opposé à l’homoparentalité. Je reconnais ici sa marque qui consiste à légiférer sur un thème par un autre qui n’a pas de rapport direct avec le premier et qui, pris isolément, est plutôt intéressant. Effectivement, créer un statut de beau parent me semble cohérent pour les familles recomposées.

Une autre réflexion concerne la secrétaire d’Etat à la famille. On sait son franc-parler que je considère plutôt comme de l’arrogance : « je le fais parce que Sarkozy me l’a dit ». Bref, elle doit se rendre compte que faire de la politique transparente, grâce au travail parlementaire dont elle se serait bien manifestement bien passée, est plus dur que d’enflammer, devant caméras, le dance floor lors des universités d’été.

D’ailleurs, sa curieuse réaction face à la désapprobation de ce projet par la ministre Christine Boutin (qui a dit, dés 2007, qu’elle s’opposerait à ce statut de beau parent s’il concernerait les couples de même sexe) confirme mes propos. La secrétaire d’Etat a conseillé à Christine Boutin de lire le texte « plutôt que d'avoir une posture passéiste et idéologique ».  Le problème, c’est quand on lit le texte, on comprend qu’il est également fait pour les 30 000 enfants vivant avec un couple de même sexe…  Morano a-t-elle lu son propre texte avant d’être la mère moralisatrice ?

 

Sur les élections européennes, je rassure : je serais plus light. Sarkozy veut prendre part au débat. Il paraitrait même qu’il veut mettre l’accent sur la présidence européenne. On s’interroge : la PFUE était-elle sincère ou avait-elle pour but de faire gagner une élection à l’UMP ?

Du coup, je me dis que je vais me renseigner sur différents points qui ont marqués la présidence française pour me faire un avis, dont l’Ossétie, le paquet climatique, les réactions unifiées face à la crise, le Tibet et les JO … Globalement, cette présidence a été une vraie réussite et une poussée dynamique en avant pour l’Union Européenne. Pour l’Ossétie, je lis que l’Europe a joué un rôle important, notamment dans l’accord de paix. Sauf que cet accord reprend les six points qui ont mené les Russes à faire la guerre. Je ne me suis pas encore penché sur les autres mais il sera intéressant de voir l’application concrète de ces engagements oraux. En espérant qu’il ne faudra pas attendre aussi longtemps qu’il ne l’a fallu pour que le Président Sarkozy rencontre le Dalaï-lama, après des multiples courbettes à la Chine et l’envoi du lieutenant Raffarin pour témoigner de l’inféodation à ce pays. Je me demande encore pour la PFUE n’a pas pris de positions contre les exactions chinoises au Tibet…

Toutefois, j’espère que la participation du Chef de l’Etat ne sera pas le moyen, pour les autres partis politiques, de faire un débat franco-français. Et j’espère que l’UMRPR prendra des positions claires : ses candidats sont-ils pour une Europe fédérale ? Ses candidats sont-ils pour une Europe de la Défense qui se développe indépendamment de l’OTAN ? Ses candidats démissionneront-ils quand on leur proposera un poste en France ? Ses candidats sont-ils contre l’entrée de la Turquie en Europe ? Ses candidats sont-ils pour un Parlement plus fort, pouvant se constituer en une assemblée constituante ?

Et comment l’UMRPR fera-t-elle pour satisfaire la branche souverainiste (enfin, des candidats ouvertement fédéralistes ont déjà été relégués sur des places difficiles sur les listes, comme Alain Lamassoure) ?

Pour ma part, il est certain que je voterais pour un candidat appartenant à un parti profondément européen. L’Europe est trop précieuse pour qu’elle soit confiée à des hommes et des femmes qui visent le poste pouvant leur donner une envergure nationale avant tout.

 

Enfin, de tout ça, je conclue une chose : qu’il est bon d’avoir quitté l’UMRPR et d’avoir retrouvé sa liberté ! Entre faux discours et déclarations d’intention, prendre du recul est important !

 

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