09.04.2008

Loi OGM: vers l'enterrement des conclusions du Grenelle de l'Environnement ?

Différents courriers électroniques envoyés pour demander plus de courage de la majorité UMP concernant la loi OGM.

Au premier Ministre:

Madame, Monsieur,

Après lecture de la presse de ce matin, j'ai été très surpris de voir la position du Premier ministre sur l'amendement Chassaigne, qui garantit des filières de production commerciales qualifiées «sans OGM». Cet amendement défend un vrai choix pour le consommateur.
«L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté. Je m'engage à faire en sorte qu'en deuxième lecture, l'amendement soit supprimé" a dit Monsieur Fillon.

Au-delà de la violation de la décision souveraine de la représentation nationale, le Premier Ministre se détourne fondamentalement des finalités du Grenelle de l'environnement. Cette citation dans la presse, si elle est avérée, déséquilibre le texte sur les OGM au profit des grandes entreprises chimiques, pollueuses et ne protége plus la culture raisonnée et respectueuse de l’environnement.

Quant on est électeur de droite et que l'on agit pour l'environnement, il semble qu'on ne peut pas faire confiance au gouvernement. Alors à qui se vouer?
Je suis déçu de cette position. Quid des promesses électorales ? Cela est, de plus, un mauvais présage pour la réforme des institutions notamment le renforcement du Parlement.

Cordialement,
Guillaume

UMP:

Bonjour,

Face à la lever de bouclier de la majorité des parlementaires UMP contre les amendements de la loi OGM qui protègent la liberté du consommateur et qui tentent de maintenir le texte dans les conclusions prises par le Grenelle de l'Environnement, j'aimerais, en tant qu'adhérent de notre mouvement, connaître votre position sur ces amendements notamment l'amendement Chassaigne.
Etant convaincu que vous y serez favorables car vous êtes le porte-voix des adhérents et que vous connaissez les pressions des entreprises chimiques et polluantes pour diriger l'agriculture mondiale,  je vous invite à dire d'une voix forte l'intérêt supérieur de l'environnement et du choix du  consommateur sur les intérêts financiers, peu soucieux de la nature, des ces seules entreprises.
Ensembles, soyons courageux et faisons que l'UMP soit la force politique courageuse, résolument tournée vers l'environnement.

Très cordialement,
Guillaume

Monsieur Goulard, député de ma circonscription: 

Monsieur le député,

Après les reculades de la majorité sur les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, j'aimerais connaître votre position sur ce texte et particulièrement sur l'amendement Chassaigne qui garantit des filières de production commerciales qualifiées «sans OGM».

Je suis électeur de Sarzeau, sur votre circonscription du Morbihan. Cette commune est placée dans un environnement extraordinaire et tellement fragile. Vous avez dit aller souvent sur notre Presqu’île de Rhuys.
Je connais votre liberté de parole. Aussi je vous invite à faire un geste fort en soutenant ces amendements qui nous protégent tous et équilibrent ce texte en le soustrayant aux pressions des entreprises chimiques et polluantes. Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Je vous remercie de me communiquer votre position sur ces amendements.
Cordialement,
Guillaume

Monsieur Grosdidier, seul député UMP favorable à l'environnement:

Monsieur le député,

Après les reculades de la majorité sur les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, je vous félicite de votre voix discordante et libre.
Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Je  suis membre de votre parti politique. Vous êtes la voix des membres de l’UMP qui veulent une agriculture raisonnée voire biologique et diversifiée et qui ne peuvent plus compter sur les autres parlementaires. Je suis scandalisé des propos du Premier ministre qui visaient à supprimer l’amendement Chassaigne. A quoi sert alors le Parlement ?

Continuez à faire ces gestes forts en soutenant ces amendements qui nous protégent tous et équilibrent ce texte en le soustrayant aux pressions des entreprises chimiques et polluantes.
Je vous remercie encore pour votre position et votre courage.
Cordialement,
Guillaume

Monsieur Copé, député qui s'acharne particulièrement contre les amendements défendant les consommateurs: 

Monsieur le député,

Après avoir lu votre position contre les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, je suis surpris de voire votre acharnement à lutter contre ceux-ci.
Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Maintenir le flou sur l’origine des produits et briser la libre expression des professionnels dans l’instance consultative peuvent être des encouragements au manque d’honnêteté des études sur les OGM, menées par les entreprises agrochimiques (cf. étude de l’AFSSA notamment sur les impacts du maîs MON 810 qui contredisait les études de Monsanto).
Je tenais simplement à vous faire connaître ma déception. Les intérêts sont tellement importants, l’environnement est si fragilisé. Ce texte aurait pu être un signe fort de rupture.

Cordialement,
Guillaume

26.03.2008

Le Conseil d'Etat: appliquons la précaution aux OGM !

 En février, après le Grenelle de l'Environnement, les associations ont amené le gouvernement à suspendre la culture du Maïs Mon 810 et à activer la clause de sauvegarde auprès de la Commission européenne. Le 17 mars 2008, saisi par Monsanto et le lobby pro-OGM, le Conseil d’Etat vient de confirmer la légitimité à la fois scientifique et juridique de la mesure de suspension.

Au-delà du fait qu'il faut attendre une décision du Conseil sur le fond, cette première décision du juge administratif est remarquable: le doute d'un risque grave et irréversible a été plus fort que l'intérêt économique de Monsanto et des quelques agriculteurs OGMatisés.

Maintenant, il convient de dire qu'il s'agit d'une suspension pour une durée d'un an. Suspension qui doit servir à faire les études nécessaires pour connaître la contamination qu'entraîne ce maïs transformé sur le reste de la nature.
Après avoir regardé le reportage "le monde selon Monsanto" sur Arté, j'espère que la France saura se montrer plus pertinente que cette firme spécialiste dans l'omission de la communication d'informations capitales. Des études ont déjà montré que les OGM contaminent les cultures à proximité d'une dizaine de kilomètres et modifie irrémédiablement la composition de la faune des sols

Maintenant, si le juge considère que l'intéret environnemental devient majeur, tout reste ouvert. Il s'agit tout de même de l'impact de nos expérimentations sur la nature et sur l'Homme. Le cancer est l'une des premières conséquences des herbicides et pecticides sur l'Homme: il est temps de nous mettre face à nos responsabilités et de nous protéger.

23.02.2008

Le Parisien, un journal "charognard" ?

Aujourd'hui, samedi 23 février, le Président de la République a été vister le salon de l'agriculture. Ce soir, en allant sur lefigaro.fr, je vois la dépêche: Salon: Sarkozy invective un visiteur

Me disant "qu'est-ce qu'a encore fait notre Président ?", j'ai vu cette vidéo. Et là... Bah rien !
Le Parisien donne une vision dramatique de l'affaire: "à mi-parcours environ, il s'est soudain vu vertement repoussé par un visiteur du salon auquel il s'apprêtait à à accorder une poignée de main. Ambiance surchauffée et cohue, le Chef de l'Etat s'est alors emporté: "Casse-toi, casse-toi pauvre con" a-t-il lancé, avant de reprendre son parcours mouvementé. Un écart de langage qui n'est pas sans rappeler sa colère face aux pêcheurs bretons." (cf commentaire du journal)

En regardant la vidéo, on remarque que le Président Sarkozy, souriant et détendu, serre des mains. Un type reste là, agressif, sans bouger et lui dit "ah non, touche-moi pas" (remarque: s'il savait parler français, il aurait dit : Ah non, ne me touche pas). Le président a alors répondu "Casse-toi, alors". "Tu me salis", a enchaîné le badaud. "Casse-toi alors, pauvre con", a répliqué le président.
Ce qui est drôle, c'est de voir la désinformation intolérable du journal Le Parisien: parcours mouvementé, ambiance surchauffée et cohue, vertement repoussé,... Après avoir visionné la vidéo, on voit qu'il y a du monde pour voir le Président de la République, que l'ambiance est bonne enfant et qu'il n'y a pas matière à dramatiser.
Faire le lien avec la réaction courageuse du Président face aux pécheurs est bienvenu: Nicolas Sarkozy montre que la fonction de Président de la République Française ne plie pas devant le français moyen, irrespectueux, qui est persuadé de faire un geste héroïque en injuriant le chef de l'Etat.

Et dire qu'on en trouve à s'offusquer parce qu'un président a dit "con"! C'est malheureux...
Ce qui est choquant dans cette affaire, c'est qu'un journal ment soit pour attirer du monde sur son site soit pour porter atteinte à Nicolas Sarkozy soir les deux...

31.01.2008

Le rapport Attali : une chance à saisir

Jacques Attali a rendu son rapport le 24 janvier dernier. C'est le fruit de la Commission pour la libération de la croissance, créée par le Président Sarkozy dans le but de pulser la situation économique de la France, trop à la peine.

On en a déjà beaucoup parlé et, je le pense, trop critiqué. C'est un rapport qui pose les questions qui dérangent. Le Président qui réformera la France sera un Président impopulaire ... Mais, à long terme, c'est la France qui sera gagnante! Il faut casser les barrières, les blocages qui ne laissent pas libres de travailler où l'on veut, pour faire ce que l'on veut. Cela ne veut pas dire que il y faut une libéralisation totale et que l'Etat ne doit avoir aucun rôle. Il doit continuer à agir pour maintenir un équilibre entre tous.
Je fais parti de ceux qui pensent que la concurrence, la libre pénétration dans les marchés sont positifs pour le travail.
La France a trop souvent l'impression qu'elle a la meilleure législation d'Europe, voire du monde, les meilleurs services publics, .... Or ceux-ci ne fonctionnent pas ou uniquement grâce au patronage généreux de l'Etat (donc des contribuables). Je me félicite de l'avis favorable donné par la Commission européenne à ce rapport Attali car je suis convaincu que l'impulsion du changement viendra de l'Union Européenne, tant nos conservatismes sont grands. C'est un encouragement important, qui conforte le bien fondé du travail de la commission.

Maintenant, il faut être vigilant pour que soit réellement  appliqué les 316 mesures courageuses et éviter que ce rapport en soit un de plus. Je regrette que le Président Sarkozy en est déjà écarté certaines et je souhaite qu'elles fassent l'objet d'un débat au Parlement sans, pour autant, qu'elles ne soient dénaturées de leur contenu ( risque non négligeable, surtout en période électorale ).

N'hésitez pas à le télécharger et à le lire, pour aller au-delà des quelques mesures sur-médiatisées: Rapport Attali.pdf