13.04.2007

Nicolas Sarkozy clôt la polémique.

 Dans un entretien dans le Figaro Magazine, à paraître demain, Nicolas Sarkozy revient sur ses propos sur la détermination biologique et les tempère en les élargissant:

Le Figaro: François Bayrou a trouvé « glaçants » vos propos sur les pédophiles ou les suicidaires, qui auraient cette tendance dès la naissance... 

NS: Je croyais que François Bayrou voulait renouveler le débat politique. C’est une curieuse idée de vouloir le renouveler et de ne jamais faire de débat. Quand j’ai prononcé le mot identité, il l’a contesté. Quand j’ai prononcé le mot travail, il l’a contesté aussi. Sur cette affaire de pédophilie, soyons clair : ce n’est quand même pas une idée extrêmement répandue que d’avoir envie de violer un petit garçon de 3 ans ! Qui osera me dire que chacun d’entre nous pourrait avoir cette idée ? Guy Georges qui viole et tue 12 femmes, qui osera me dire qu’il n’est pas malade ? Je n’ignore nullement qu’il y a sans doute une part d’acquis et que tout n’est pas dans l’identité. Mais si on conteste l’idée de cette identité, de ce terrain fragile, alors on conteste l’idée qu’on peut soigner et qu’on peut guérir. Je ne partage pas l’idée que, quand un jeune se suicide, c’est la faute de ses parents. Il y avait déjà une fragilité. Je ne partage pas non plus l’idée que le problème de l’autisme est un problème d’éducation. Dans les années 60, quand j’étais enfant, j’entendais ce jugement très choquant à propos d’un jeune qui était homosexuel : « sa maman l’a fait dormir dans son lit », « sa maman lui achetait des poupées »... On a fait litière de tout ce fatras. Il faut arrêter de culpabiliser, il y a des terrains fragiles. Dans un autre domaine, voyez pour la terrible maladie qu’est le cancer. Bien sûr, la cigarette donne le cancer, mais il y a des tas de gens qui fument deux paquets de cigarettes par jour et qui n’auront jamais de cancer, et d’autres qui ne fument rien, qui sont des fumeurs passifs, et qui auront le cancer, parce que leur terrain est plus fragile. Mgr André Vingt-Trois dit qu’il n’est pas d’accord avec moi. Eh bien moi, je ne suis pas d’accord quand on dit que l’homosexualité est un péché.

Quelles conclusions tirez-vous de cette fragilité de départ ? 

Aucun délinquant sexuel ne devrait sortir de prison sans s’engager à se faire soigner. La pulsion meurtrière, la pulsion sexuelle incontrôlable sur un enfant n’est pas simplement un acte de délinquance ; c’est un acte de malade. Il faut sanctionner le délinquant et soigner le malade. Donc, première chose, aucun délinquant sexuel ne doit sortir sans être puni. Deuxième chose : il n’y a rien de plus urgent que de créer une prison-hôpital dans chaque région de France pour traiter le cas de ces malades.

Nicolas Sarkozy reprend donc les arguments déjà entendus mais développe sa pensée. Je pense qu'il s'est fait piégé par le philosophe d'extrême gauche Onffray.
Aujourd'hui, j'hésite entre 3 candidats:
-Sarkozy: mais je crains qu'il joue sur les peurs et le mensonge pour attirer. Je pense que son programme est le plus ambitieux pour notre pays, Je doute qu'il agisse pour la France plus que pour lui.
-Bayrou: parce qu'il a un programme intéressant mais aura des difficultés à gouverner. Il reste flou sur son glissement à gauche,

-Villiers: il a une politique familiale courageuse et un franc-parler. Il a fait la réussite d'un département avec des méthodes originales. Mais il est profondément anti-Européen, à un second qui vient du FN et qui se prend pour un cador.

Je déciderais sans doute dans l'isoloir, face à ma conscience. Je pense que le deuxième tour serait très intéressant en cas de duo Sarkozy-Bayrou. En ce cas, l'impact du débat entre deux-tours, pourrait incroyable! Mais la gauche se reporterait sur le candidat du centre et cela serait joué d'avance. A voir!

11.04.2007

Début de réponse aux propos de Nicolas Sarkozy, par Patrick Devedjian.

Après l'incompréhenion de la réaction de Nicolas Sarkozy, dans un soucis d'éclairer les visiteurs de ce blog, voici la réponse de Patrick Devedjian, ancien ministre, Député des Hauts-de-Seine; paru sur son blog:

Les bonnes âmes se scandalisent vite : jamais Nicolas Sarkozy n’a dit, comme l’en accuse François Bayrou, qu’ « un destin était joué à l’avance » ou qu’il fallait « se détourner de la prévention et du soin » des jeunes qui pensent au suicide !

On débat de l’inné et de l’acquis depuis des millénaires. On ne sait qu’une chose, c’est qu’ils sont intimement mêlés. Mozart avait sûrement des dons extraordinaires en naissant mais, sans sa famille  si musicienne, serait-il devenu ce génie ?

Dire que si des jeunes se suicident « ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés, mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable », ce n’est ni une condamnation, ni un refus de soin tout de même !

Des personnes dépressives, nous en connaissons tous : est-ce que cela empêche de les aimer, de les aider et de les soigner le mieux possible ? Est-ce qu’il ne faut pas soutenir leurs familles plutôt que de jeter la suspicion sur leur éducation ?

Dire « j’incline à penser qu’on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas gérer cette pathologie », est-ce que c’est le refus de la responsabilité ? ou plutôt chercher à comprendre l’incompréhensible ?

Les propos de Nicolas Sarkozy ont bien évidemment été sortis de leur contexte : une discussion philosophique et intime avec le philosophe Michel Onfray, avec lequel il n’est pas d’accord, discussion qui dure et qui ne se ramène pas à ces bouts de phrases.

 « Donnez-moi deux lignes de n’importe qui et je le ferai pendre », a dit le Président de Harlay, un grand magistrat respecté de la fin du XVIIème siècle, qui voulait ainsi souligner le danger des citations abusives….

Cette réponse éclaire un pan seulement des propos de Nicolas Sarkozy. Mais il ne dénonce pas suffisament le fait que l'inné n'est pas à mettre sur le même plan que l'acquis. L'acquis peut rendre la brebie odieuse même si son capital du départ était le meilleur qui soit.
Laissons le monopole de l'eugénisme à la gauche (autorisation de la recherche sur embryon, diagnostic pré-implantatoire et pré-natal dans le but de sélectionner que les embryons les meilleurs, clonage thérapeutique, ...). La droite doit défendre la personne humaine!