12.04.2008
Projet de loi OGM : quelques pas en avant
Voici un communiqué conjoint de France Nature Environnement, Ligue de Protection des Oiseaux et de la Fondation Hulot:
Les députés sont appelés à voter sur le projet de loi OGM cet après-midi. Au terme de six jours de débats intenses, ils ont adopté quelques amendements renforçant significativement le texte dans le sens dune meilleure protection des cultures non OGM. Les principes généraux encadrant les cultures en plein champ (article 1er) ainsi que le fonctionnement du Haut conseil des biotechnologies ont ainsi été améliorés par rapport au texte voté par les sénateurs. En revanche, il est très regrettable quaucune amélioration nait été apportée sur la question cruciale de la responsabilité en cas de contamination. Il ressort que le texte sur lequel les députés sont appelés à voter ce mercredi est encore largement perfectible si lon veut aboutir à une véritable maîtrise des cultures OGM et réellement donner corps aux principes proclamés dans larticle 1er.
I - les améliorations apportées au texte issu du sénat
. La culture des OGM mieux encadrée pour permettre la protection de lenvironnement et dune agriculture de qualité (article 1er)
Deux amendements adoptés à l'article 1er du projet de loi permettent de limiter la culture des OGM pour protéger l'agriculture de qualité (AOC, labels ) et lenvironnement des inévitables contaminations. Cela pourrait permettre d'établir des zones sans OGM sur tous les espaces concernés par la préservation de lenvironnement et la biodiversité, et par le maintien de cultures de qualité liées à un terroir. Les principes inscrits à larticle 1er devraient en toute logique être déclinés dans les autres articles du texte. Or, certaines dispositions du texte ne vont visiblement pas dans le sens dune protection maximale de lagriculture à haute valeur ajoutée. De plus, un manque de cohérence apparaît dans un amendement adopté après l'article 3, qui ne prévoit linstitution de périmètres que dans les parcs naturels régionaux et, qui plus est, avec des conditions très restrictives.
. Le droit à la participation du public en matière de cultures dOGM est consacré
Alors que le texte issu du Sénat faisait limpasse sur le droit de participation, les députés ont consacré ce principe à l'article 1er et à l'article 9, conformant ainsi la loi française à la Convention dAarhus sur laccès à linformation, la participation du public au processus décisionnel et laccès à la justice en matière denvironnement. Cette convention exige, en effet, que les Etats signataires garantissent une participation effective et précoce du public sur les questions liées aux OGM. Avec ladoption de cette disposition, la France devrait logiquement revoir son mode de consultation actuelle des citoyens, qui consiste uniquement en un recueil davis sur les autorisations, via Internet, et dans un délai très restreint.
. Le fonctionnement du Haut conseil est amélioré
Les députés ont adopté plusieurs amendements permettant daméliorer le fonctionnement du Haut conseil :
La liberté de parole rendue aux membres
Les membres du Haut conseil ne sont plus astreints den référer au Président du Haut conseil avant de sexprimer publiquement, ce qui devrait permettre de renforcer la transparence des travaux et des informations apportées aux citoyens.
- La saisine indirecte du Haut conseil ouverte aux citoyens
Les citoyens peuvent, par l'intermédiaire de leur député ou de leur sénateur, saisir le Haut conseil.
Des réunions en plénière du comité scientifique et du comité économique, éthique et social sont possibles, à la demande du Président du Haut conseil ou de la moitié de ses membres.
Cette disposition permet enfin aux membres des deux comités déchanger leurs points de vue respectifs, ce qui contribue à décloisonner leur mode de fonctionnement. Il est cependant dommage que le principe de réunions en plénière ne soit pas systématiquement prévu pour lélaboration conjointe dun avis sur les demandes dautorisation.
Le texte issu de l'Assemblée Nationale conserve malheureusement la suprématie du Comité scientifique, qui élabore des avis, le comité économique, éthique et social ne pouvant quémettre des recommandations sur la base de ces avis.
- Vers un plan de relance de la production des protéines végétales alternatives aux cultures d'OGM importées (article 1er A)
Le gouvernement devra publier un rapport visant à préparer un plan de relance des cultures alternatives
-Les lots de semences génétiquement modifiées doivent être étiquetées (article 14 A)
II les points qui restent a améliorer
- La présidence du Haut conseil des biotechnologies reste dévolue à un scientifique
France Nature Environnement, la LPO (Ligue pour la Protection des Ois eau x) et la Fondation Nicolas Hulot estiment que le Président du Haut conseil devrait être une personnalité capable dassurer la cohésion de cette instance. Une personnalité extérieure à lun comme à lautre des deux collèges et bénéficiant dune légitimité politique serait à même dexercer son autorité impartiale et de faire le lien entre les membres du Haut conseil et les citoyens.
- Les dispositions sur la responsabilité en cas de contamination restent très insuffisantes
Les députés n4ont apporté aucune amélioration à un régime de responsabilité minimaliste. Les dommages environnementaux ne sont pas reconnus en cas de contamination
Le projet de loi ne prend en compte que les contaminations des productions agricoles, alors que les risques sont bien plus larges et touchent lenvironnement dans son ensemble : plantes sauvages, espèces animales comme les abeilles et les pollinisateurs
Le régime de responsabilité ne s'applique quà lagriculteur qui cultive des OGM
Le seul responsable éventuel en cas de contamination est, en bout de chaîne, lutilisateur des OGM. Lensemble des acteurs de la filière est ainsi exonéré de toute responsabilité vis-à-vis des dégâts causés à lenvironnement par les produits quils mettent sur le marché. Cela revient à collectiviser les coûts en cas de contaminations dont lorigine ne peut identifiée et en cas de dommages généraux causés à lenvironnement.
-Le principe de la coexistence entre cultures OGM et non OGM reste consacré
Alors que les travaux du Grenelle ont démontré que la coexistence entre cultures OGM et non OGM est impossible, le principe de la coexistence reste affiché dans le projet de loi.
D'ailleurs, la directive européenne 2001/18, qui doit être transposée, ne parle pas de coexistence, mais de maîtrise des disséminations.
-La liste des informations ne pouvant demeurer confidentielles lors des demandes dautorisation fixée par décret
Alors que la directive 2001/18/CE, qui doit être transposée dans le projet de loi, fixe la liste des informations ne pouvant être confidentielles, comme lévaluation des risques, le projet de loi renvoie létablissement de cette liste à un décret ultérieur. Dans un souci de cohérence vis-à-vis du principe de transparence qui est affiché, il serait largement souhaitable que la liste des informations accessibles au public figure dans la loi elle-même.
-Le seuil d'étiquetage devient la référence en matière de contamination !
Le seuil d'étiquetage des produits contenant des OGM est fixé au niv eau européen au seuil de 0,9%. Ce seuil ne repose sur aucune base scientifique, mais résulte simplement dun compromis politique entre Etats membres de lUnion européenne. Des préjudices peuvent survenir dès la détection de matériel génétique modifié dans des cultures conventionnelles, particulièrement pour les nombreuses AOC françaises. De même, les éventuels dégâts causés à l'environnement ne sont pas soumis à un effet de seuil. Cest donc le seuil de détection, qui correspond aujourdhui à moins de 0,1%, qui devrait être pris comme référence.
En résumé, la première lecture à l'Assemblée Nationale se traduit par un certain nombre d'avancées significatives sur les principes devant guider la mise en culture des OGM. Toutefois, le texte présente encore de nombreuses faiblesses.
France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et la LPO espèrent que le vote en 2ème lecture au Sénat ne sera pas loccasion de revenir sur les améliorations apportées au texte par les députés, mais bien au contraire d'améliorer encore la protection de lenvironnement et de lagriculture de qualité et de renforcer le régime de responsabilité.
17:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droite sociale, ump, ogm, france nature environnement, sarkozy, écologie
26.03.2008
Le Conseil d'Etat: appliquons la précaution aux OGM !
En février, après le Grenelle de l'Environnement, les associations ont amené le gouvernement à suspendre la culture du Maïs Mon 810 et à activer la clause de sauvegarde auprès de la Commission européenne. Le 17 mars 2008, saisi par Monsanto et le lobby pro-OGM, le Conseil d’Etat vient de confirmer la légitimité à la fois scientifique et juridique de la mesure de suspension.
Au-delà du fait qu'il faut attendre une décision du Conseil sur le fond, cette première décision du juge administratif est remarquable: le doute d'un risque grave et irréversible a été plus fort que l'intérêt économique de Monsanto et des quelques agriculteurs OGMatisés.
Maintenant, il convient de dire qu'il s'agit d'une suspension pour une durée d'un an. Suspension qui doit servir à faire les études nécessaires pour connaître la contamination qu'entraîne ce maïs transformé sur le reste de la nature.
Après avoir regardé le reportage "le monde selon Monsanto" sur Arté, j'espère que la France saura se montrer plus pertinente que cette firme spécialiste dans l'omission de la communication d'informations capitales. Des études ont déjà montré que les OGM contaminent les cultures à proximité d'une dizaine de kilomètres et modifie irrémédiablement la composition de la faune des sols
Maintenant, si le juge considère que l'intéret environnemental devient majeur, tout reste ouvert. Il s'agit tout de même de l'impact de nos expérimentations sur la nature et sur l'Homme. Le cancer est l'une des premières conséquences des herbicides et pecticides sur l'Homme: il est temps de nous mettre face à nos responsabilités et de nous protéger.
10:27 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la droite sociale, actualités politiques, monsanto, ogm, greenpeace, grenelle de l'environnement






