09.07.2008

Rencontre avec Rachid Kaci...

Je l’avais, peut-être ou peut-être pas, déjà inscrit sur ce blog: je fus dégoûté du militantisme au sein de l’UMP, en voyant que rien n’avançait et que l’avis des simples militants, comme moi, n’était jamais pris en compte au sein de l’UMP malgré le travail que l’on peut y faire. Pire: on vous fait croire que vous participez mais, au final, rien n’est considéré.
La triste débâcle de la transposition de la directive communautaire sur la coexistence entre OGM et cultures conventionnelles, qu’on a fait passer en France comme une loi franco-française, est un bon exemple : on a pu participer sur le blog de l’UMP à un débat. J’y ai encouragé le député Grosdidier qui a été le plus courageux à droite contre cette loi, en argumentant mes propos. Mon message a été censuré: trop long éventuellement, ne rentrant pas dans les cases, sûrement !
Bref, le gouvernement a persisté dans sa ligne en tentant de faire croire que cette loi était la plus restrictive d’Europe, ce qui est faux. L’avis presque unanime des militants n’a donc pas été pris en compte : il suffit juste de relire sur le site les multiples messages.

Je me suis donc, depuis deux ans, tourné vers le monde associatif, qui fourmille d’idées bonnes pour la France. Cette addition de personnalités de milieux différents, de cultures différentes est une chance et une force incroyable pour notre pays. Je demeure convaincu que la Droite ne s’appuie pas suffisamment sur ce vivier.

Rattrapé par le virus de la politique et par la volonté de m’engager, fort de l’expérience vécue, j’ai contacté Rachid Kaci, connaissant un peu son parcours et ses idées.
J’ai rencontré un homme courageux, qui s’est construit une personnalité politique à force de détermination. Je dois bien dire qu’il n’a jamais caché ses convictions pour avancer plus vite. Il est aujourd’hui conseiller de la Présidence à la diversité et à la politique de la ville et ce, grâce à son travail uniquement.
Ce chef de file des libéraux conservateurs de l’UMP, rassemblés au sein de l’association La Droite Libre,  a le mérite d’avoir des idées claires et résolument actuelles : laïcité sans conditions, droite décomplexée et liberté de pensée, place majeure de l'initiative individuelle,...

De plus, Rachid Kaci offre une place majeure au débat, au centre de tous ses combats internes à l’UMP. Il accepte et même préfère que son interlocuteur ne soit pas d’accord avec lui pour discuter franchement. J’ai pu l’interroger librement et mesurer cette liberté tellement rare au sein de l’UMP.
Cette position rompt clairement avec le comportement de l’immense majorité des militants bien introduits et responsables de l’UMP qui sont experts dans l’exercice de cour et dans le retournement de veste.

Ainsi, il me semble incontournable de me placer, aujourd’hui,  au côté de Rachid Kaci. Il n’est pas le sous-marin d’un cabinet, d’un cercle d’influence. Il se bat pour la France et pour que l’UMP s’ouvre enfin à l’ensemble des militants et de toutes personnes partageant les convictions de la droite.
Il est donc l’unique chance pour que l’UMP ne se renferme pas dans une logique de RPRisation et de sa monopolisation autours de quelques personnes. Je considère, au contraire, qu’il est l’acteur de l’ouverture de notre parti. Il contribue à donner toute la noblesse au mot « Populaire ».

07.07.2008

La gestation pour autrui ou le commerce de l’utérus

Derrière la proposition du rapport sénatorial sur la « maternité pour autrui » rendu le 27 juin dernier, synonyme light comme nous avons minorité visible, mixité sociale, se cache un ensemble de mots qui sonnent creux mais qui cachent une réalité : le cas des mèresporteuses.
Cette précaution de vocabulaire doit renforcer la méfiance dans le contenu de ce rapport qui n’engage personne et surtout pas le Sénat.
Les premières phrases de la synthèse du rapport culpabilisent déjà ceux qui sont contre cette pratique : c’est une pratique ancestrale, sorte de solution unique contre l’infertilité des femmes, dont l’obstacle est la loi de nos sociétés contemporaines. Le décor est planté.

Cette notion de mère porteuse n’est pas nouvelle. Je m’en souviens : je l’avais étudié en droit il y a quatre ans. Cela nous semblait irréalisable : louer son utérus. Aujourd’hui, je suis convaincu que si je rencontrais d’anciens collègues de fac, certains se seraient pliés à cette idée qui fut largement vendu par les médias.
D’ailleurs, les médias ont largement offert une image d’Epinal à une réalité complexe: une mère voulait un enfant mais ne pouvait pas. Une autre femme lui a proposé de porter cet enfant. Maintenant, la mère et l’enfant porté par ventre interposé doivent se cacher pour répondre aux questions car… leur situation est illégale.

Au-delà du simplisme du traitement médiatique et de la mise en scène, il y a effectivement un vrai problème. Il existe des femmes et des familles en souffrance de ne pouvoir avoir d’enfants. Il y a l’espoir de la fécondation in vitro (FIV) mais qui se solde souvent sur un échec, renforcé par le lourd labyrinthe  procédural et les opérations. Il peut y avoir aussi l’espoir de l’adoption, même si ce n’est pas son enfant, on saura lui donner le bonheur qu’il mérite.
Mais ces souffrances réelles justifient-elles d’aller jusqu’à autoriser la location d’utérus ? Pouvons-nous tout autoriser au nom du désir d’enfant ?

Déjà, il est évident que nier, comme le rapport sénatorial le fait, l’idée de rente est une idée qui va droit dans le mur. Tout juste le rapport propose-t-il un dédommagement pour les frais liés à la grossesse. Mais personne ne peut légitimement croire que ce dédommagement ne se transformera pas en salaire pour la plus offrante : devant la détresse, il y a des familles qui seront pourront aller jusqu'à contourner ce point.
De plus, quel droit pour la mère porteuse ? Elle pourra déclarer vouloir garder l’enfant trois jours après l’accouchement. Mais alors, à qui appartient cet enfant durant les 9 mois de grossesse ? Qui en sera responsable en cas de complication pour la mère porteuse ou en cas de décès de l’un des parents ou si les parents qui l’attendent n’en veulent plus ?
Quelle réponse apporter à une mère porteuse qui voudra avorter, considérant que cela vaut résiliation du contrat de gestation pour autrui ?

Ces questions sont sans réponse et le rapport laisse sans doute le soin de définir les détails lors des débats parlementaires.
De plus, la réaction de la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, clone de Madame Bachelot en moins drôle et en plus agressive, laisse pantois quant à sa conception de la cellule de base de toute société. Elle dit être disposée à porter l’enfant de sa fille si celle-ci le lui demandait. Or, le comble, c’est que le rapport interdit expressément la gestation par un membre de sa famille… Mme Morano se la joue donc volontairement tapageuse. Mais cela la révèle incontrôlable et incompétente : quand on est ministre, on réfléchit.

Devant cet étalement de bêtise, car les propos de Nadine Morano relève vraiment de la futilité et de l’idiotie provocante, nous sommes en droit de s’interroger : où est passé le rapport sur l'organisation de l'adoption internationale en France, rendu par Monsieur Colombani, ancien directeur du quotidien Le Monde ? Ce rapport qui visait l’amélioration du processus d’adoption ? Au lieu de faire de la surenchère sur des souffrances, sachons déjà utiliser à plein escient les outils juridiques existants et les améliorer à partir de travaux de qualité.

Rendez-vous pris en 2010 pour la révision des lois bioéthiques. Il paraît qu'il va y avoir, pour la première fois, une concertation avec les citoyens. Nous saurons être vigilants.

 

cliquez ici pour le rapport de Monsieur Colombani sur l'adoption, malheureusement tombé dans les oubliettes,

Cliquez ici pour la synthèse du rapport sénatoriale.

02.07.2008

Non à l'aide aux carburants!

Le gouvernement a, aujourd'hui, décidé une série d'aides aux routiers comme l'abattement de 20% sur le prix des péage ou la réduction de la taxe aux essieux au minimum européen. 

Au-delà de l'incompréhension manifeste que suscite cette aide, il mérite qu'il y ait critique de cet assistanat sectoriel. Après les taxis qui sont une profession protégée, les pécheurs qui pillent nos mers, ce sont les routiers qui ont bloqué les routes et...deux jours après, une aide leur est accordée grâce aux impôts des contribuables.

Ce geste, aussi généreux soit-il, manque de réflexion: la hausse du pétrole n'a pas vocation à disparaître. Tout au plus pourra-t-elle ralentir momentanément ! Pays émergents et raréfaction de la ressource (malgré ce que l'on peut entendre), gisements qui nécessitent de plus gros investissements car plus difficiles à atteindre, surenchères politiques autour du pétrole comme nous l'a montré le chantage honteux du président vénézuélien Chavez, ne pousseront qu'à des prix plus élevés aux pompes.

Cette perfusion financière des professions est donc dangereuse car elle n'a pas de fin annoncée.
Réfléchissons un instant de la chance que nous offre cette hausse des prix du pétrole. On sait bien que les habitudes changent d'autant plus vite qu'elles coûtent chères! L'augmentation des prix du pétrole doit être l'aiguillon qui pousse à changer les comportements peu écologiques.
Aussi, au lieu d'assister les routiers, poussons-les à s'adapter au GPL, aux énergies renouvelables. Amenons la SNCF à mettre en place un ferroutage performant. Ces incitations à un comportement responsable, accompagnées d'un soutien financier, bénéficieront ainsi à l'ensemble de la population et l'effort public sera plus valorisé qu'une aide sans contre-partie.

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29.04.2008

L’Europe veut-elle nous tuer ?

En France, un reproche est régulièrement opposé à l’idée européenne. On le retrouve systématiquement dans les argumentaires contre l’Union Européenne. Ce reproche est soulevé tantôt par les eurosceptiques tantôt par les gouvernements toutes couleurs partisanes confondues.
Il s’agit de la suprématie du droit européen qui confère une origine communautaire à 60% voire 70% des lois votées par nos Parlements nationaux. Cette suprématie, selon eux, serait à l’origine du ralentissement et de la fragilisation de notre modèle national. Bref, « nos problèmes, c’est à cause de Bruxelles ».

Les politiques qui critiquent ces normes communautaires sont les mêmes qui, quelques mois ou quelques années plus tôt, les ont arrêtées en Conseil des ministres de l’Union européenne. Le conseil de l’Union se rassemble pour fixer les politiques européennes après négociations entre ministres nationaux concernés qui ont pris, précédemment, les instructions auprès des chefs d’Etat ou de gouvernement respectifs. Ainsi, n’est ce pas brocarder de façon malhonnête l’Europe quand ces dirigeants n’osent pas assumer dans leur pays ce qu’ils ont accepté hier, à la table du conseil ?
De plus, le collège et le président de la Commission européenne, institution qui a un rôle majeur dans la procédure législative communautaire car elle en est l’impulsion, sont nommés par le conseil de l’Union, avec approbation du Parlement Européen.
A l’origine de ces acteurs politiques, ministre ou fonctionnaires européens, il y a le choix des citoyens qui votent pour leurs représentants nationaux. C’est donc bien l’électeur lambda qui détermine indirectement l’orientation politique de l’Union Européenne.

La skyzophrénie de nos élus, et de quelques associations, a plusieurs racines. La France est réputée pour transposer les directives en droit interne avec un retard moyen de 10 ans. L’absence de préparations des ces réformes communautaires, souvent structurels donc complexes et impopulaires, fait qu’elles sont mis en place dans la précipitation, sans recul suffisant. Devant les manifestations de salariés ou de consommateurs mécontents, il est plus facile de se défausser sur l’Europe plutôt que d’assumer son manque de réactivité voire sa mauvaise foi. 
En guise d’exemple, je m’interroge d’ors et déjà sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, qui devrait intervenir à horizon 2010. Aujourd’hui, nous nous félicitons que la SNCF soit en bénéfice. En catimini, son déficit de plusieurs dizaines de milliers d’euros a été éclaté entre elle, Réseau Ferré de France (donc l’Etat et son premier actionnaire : le contribuable) et un service annexe d’amortissement de la dette (SAAD).
De plus, pour conserver un statut privilégié, le personnel chargé de l’entretien des infrastructures, compétence relevant de RFF depuis 1997, est resté à la SNCF qui se retrouve donc fournisseur et client de RFF. Cela me semble peu compatible avec les règles de concurrence et il me semble impossible que l’Europe reste silencieuse dans quelques années. Quid d’une réaction française immédiate ?

L’Europe est donc labellisée « bouc émissaire » par un personnel politique qui n’assume pas des choix passés et qui préfère lui imputer la responsabilité honteuse de réformes nécessaires. C’est un obstacle important pour la confiance en l’Europe. Cela témoigne aussi du manque d’information sur son fonctionnement et de la méconnaissance de l’imbrication entre les institutions nationales et les institutions européennes par le citoyen.
En tant que militants pour une Europe fédérale, résolument démocratique et accessible à tous, nous avons là un rôle majeur à jouer. Nos actions doivent contribuer à mettre un coup de projecteur sur l’Europe au quotidien, sans oublier la formation populaire sur ce qu’est l’Union européenne.

Pour en finir avec cette désinvolture, le renforcement du rôle des députés européens dans le processus normatif communautaire me semble nécessaire. Ces seuls politiques européens issus du suffrage universel direct seront ainsi revêtus d’une responsabilité. Au-delà du renforcement de la démocratie, celle-ci leur imposera une obligation d’expliquer le fonctionnement européen et l’impact de leurs choix dans la vie quotidienne des particuliers. Cette proximité des acteurs de l’Europe sera une avancée décisive pour rompre avec les idées fausses et antieuropéennes.

Enfin, n’oublions pas que la France n’est pas seule en Europe. Notre « franchouillardise » a effectivement du mal à se dire que d’autres modèles fonctionnement aussi bien voire mieux que notre modèle français. Gardons en mémoire que l’Europe s’est d’abord fondée sur l’ouverture entre Etats du continent.
Il reste que, si nous sommes en désaccords avec les orientations définies par l’Union, sachons prendre nos responsabilités : en 2009,  votons pour choisir nos représentants au Parlement Européen. Plus la participation sera forte, plus leur légitimité sera renforcée.

Guillaume Delarue, Jeune Européen Rennes

12.04.2008

Projet de loi OGM : quelques pas en avant

Voici un communiqué conjoint de France Nature Environnement, Ligue de Protection des Oiseaux et de la Fondation Hulot:

Les députés sont appelés à voter sur le projet de loi OGM cet après-midi. Au terme de six jours de débats intenses, ils ont adopté quelques amendements renforçant significativement le texte dans le sens d’une meilleure protection des cultures non OGM. Les principes généraux encadrant les cultures en plein champ (article 1er) ainsi que le fonctionnement du Haut conseil des biotechnologies ont ainsi été améliorés par rapport au texte voté par les sénateurs. En revanche, il est très regrettable qu’aucune amélioration n’ait été apportée sur la question cruciale de la responsabilité en cas de contamination. Il ressort que le texte sur lequel les députés sont appelés à voter ce mercredi est encore largement perfectible si l’on veut aboutir à une véritable maîtrise des cultures OGM et réellement donner corps aux principes proclamés dans l’article 1er.

I - les améliorations apportées au texte issu du sénat

. La culture des OGM mieux encadrée pour permettre la protection de l’environnement et d’une agriculture de qualité (article 1er)

Deux amendements adoptés à l'article 1er du projet de loi permettent de limiter la culture des OGM pour protéger l'agriculture de qualité (AOC, labels…) et l’environnement des inévitables contaminations. Cela pourrait permettre d'établir des zones sans OGM sur tous les espaces concernés par la préservation de l’environnement et la biodiversité, et par le maintien de cultures de qualité liées à un terroir. Les principes inscrits à l’article 1er devraient en toute logique être déclinés dans les autres articles du texte. Or, certaines dispositions du texte ne vont visiblement pas dans le sens d’une protection maximale de l’agriculture à haute valeur ajoutée. De plus, un manque de cohérence apparaît dans un amendement adopté après l'article 3, qui ne prévoit l’institution de périmètres que dans les parcs naturels régionaux et, qui plus est, avec des conditions très restrictives.

. Le droit à la participation du public en matière de cultures d’OGM est consacré

Alors que le texte issu du Sénat faisait l’impasse sur le droit de participation, les députés ont consacré ce principe à l'article 1er et à l'article 9, conformant ainsi la loi française à la Convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement. Cette convention exige, en effet, que les Etats signataires garantissent une participation effective et précoce du public sur les questions liées aux OGM. Avec l’adoption de cette disposition, la France devrait logiquement revoir son mode de consultation actuelle des citoyens, qui consiste uniquement en un recueil d’avis sur les autorisations, via Internet, et dans un délai très restreint. 

. Le fonctionnement du Haut conseil est amélioré

Les députés ont adopté plusieurs amendements permettant d’améliorer le fonctionnement du Haut conseil :

La liberté de parole rendue aux membres 
Les membres du Haut conseil ne sont plus astreints d’en référer au Président du Haut conseil avant de s’exprimer publiquement, ce qui devrait permettre de renforcer la transparence des travaux et des informations apportées aux citoyens.

- La saisine indirecte du Haut conseil ouverte aux citoyens

Les citoyens peuvent, par l'intermédiaire de leur député ou de leur sénateur, saisir le Haut conseil.
Des réunions en plénière du comité scientifique et du comité économique, éthique et social sont possibles, à la demande du Président du Haut conseil ou de la moitié de ses membres.

Cette disposition permet enfin aux membres des deux comités d’échanger leurs points de vue respectifs, ce qui contribue à décloisonner leur mode de fonctionnement. Il est cependant dommage que le principe de réunions en plénière ne soit pas systématiquement prévu pour l’élaboration conjointe d’un avis sur les demandes d’autorisation.
Le texte issu de l'Assemblée Nationale conserve malheureusement la suprématie du Comité scientifique, qui élabore des avis, le comité économique, éthique et social ne pouvant qu’émettre des recommandations sur la base de ces avis.

- Vers un plan de relance de la production des protéines végétales alternatives aux cultures d'OGM importées (article 1er A)

Le gouvernement devra publier un rapport visant à préparer un plan de relance des cultures alternatives

-Les lots de semences génétiquement modifiées doivent être étiquetées (article 14 A)

II –les points qui restent a améliorer

La présidence du Haut conseil des biotechnologies reste dévolue à un scientifique

France Nature Environnement, la LPO (Ligue pour la Protection des Ois eau x) et la Fondation Nicolas Hulot estiment que le Président du Haut conseil devrait être une personnalité capable d’assurer la cohésion de cette instance. Une personnalité extérieure à l’un comme à l’autre des deux collèges et bénéficiant d’une légitimité politique serait à même d’exercer son autorité impartiale et de faire le lien entre les membres du Haut conseil et les citoyens.

- Les dispositions sur la responsabilité en cas de contamination restent très insuffisantes

Les députés n4ont apporté aucune amélioration à un régime de responsabilité minimaliste. Les dommages environnementaux ne sont pas reconnus en cas de contamination

Le projet de loi ne prend en compte que les contaminations des productions agricoles, alors que les risques sont bien plus larges et touchent l’environnement dans son ensemble : plantes sauvages, espèces animales comme les abeilles et les pollinisateurs…
Le régime de responsabilité ne s'applique qu’à l’agriculteur qui cultive des OGM

Le seul responsable éventuel en cas de contamination est, en bout de chaîne, l’utilisateur des OGM. L’ensemble des acteurs de la filière est ainsi exonéré de toute responsabilité vis-à-vis des dégâts causés à l’environnement par les produits qu’ils mettent sur le marché. Cela revient à collectiviser les coûts en cas de contaminations dont l’origine ne peut identifiée et en cas de dommages généraux causés à l’environnement.

-Le principe de la coexistence entre cultures OGM et non OGM reste consacré 

Alors que les travaux du Grenelle ont démontré que la coexistence entre cultures OGM et non OGM est impossible, le principe de la coexistence reste affiché dans le projet de loi.
D'ailleurs, la directive européenne 2001/18, qui doit être transposée, ne parle pas de coexistence, mais de maîtrise des disséminations.

-La liste des informations ne pouvant demeurer confidentielles lors des demandes d’autorisation fixée par décret

Alors que la directive 2001/18/CE, qui doit être transposée dans le projet de loi, fixe la liste des informations ne pouvant être confidentielles, comme l’évaluation des risques, le projet de loi renvoie l’établissement de cette liste à un décret ultérieur. Dans un souci de cohérence vis-à-vis du principe de transparence qui est affiché, il serait largement souhaitable que la liste des informations accessibles au public figure dans la loi elle-même.

-Le seuil d'étiquetage devient la référence en matière de contamination !

Le seuil d'étiquetage des produits contenant des OGM est fixé au niv eau européen au seuil de 0,9%. Ce seuil ne repose sur aucune base scientifique, mais résulte simplement d’un compromis politique entre Etats membres de l’Union européenne. Des préjudices peuvent survenir dès la détection de matériel génétique modifié dans des cultures conventionnelles, particulièrement pour les nombreuses AOC françaises. De même, les éventuels dégâts causés à l'environnement ne sont pas soumis à un effet de seuil. C’est donc le seuil de détection, qui correspond aujourd’hui à moins de 0,1%, qui devrait être pris comme référence.

En résumé, la première lecture à l'Assemblée Nationale se traduit par un certain nombre d'avancées significatives sur les principes devant guider la mise en culture des OGM. Toutefois, le texte présente encore de nombreuses faiblesses.
France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et la LPO espèrent que le vote en 2ème lecture au Sénat ne sera pas l’occasion de revenir sur les améliorations apportées au texte par les députés, mais bien au contraire d'améliorer encore la protection de l’environnement et de l’agriculture de qualité et de renforcer le régime de responsabilité.

09.04.2008

Loi OGM: vers l'enterrement des conclusions du Grenelle de l'Environnement ?

Différents courriers électroniques envoyés pour demander plus de courage de la majorité UMP concernant la loi OGM.

Au premier Ministre:

Madame, Monsieur,

Après lecture de la presse de ce matin, j'ai été très surpris de voir la position du Premier ministre sur l'amendement Chassaigne, qui garantit des filières de production commerciales qualifiées «sans OGM». Cet amendement défend un vrai choix pour le consommateur.
«L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté. Je m'engage à faire en sorte qu'en deuxième lecture, l'amendement soit supprimé" a dit Monsieur Fillon.

Au-delà de la violation de la décision souveraine de la représentation nationale, le Premier Ministre se détourne fondamentalement des finalités du Grenelle de l'environnement. Cette citation dans la presse, si elle est avérée, déséquilibre le texte sur les OGM au profit des grandes entreprises chimiques, pollueuses et ne protége plus la culture raisonnée et respectueuse de l’environnement.

Quant on est électeur de droite et que l'on agit pour l'environnement, il semble qu'on ne peut pas faire confiance au gouvernement. Alors à qui se vouer?
Je suis déçu de cette position. Quid des promesses électorales ? Cela est, de plus, un mauvais présage pour la réforme des institutions notamment le renforcement du Parlement.

Cordialement,
Guillaume

UMP:

Bonjour,

Face à la lever de bouclier de la majorité des parlementaires UMP contre les amendements de la loi OGM qui protègent la liberté du consommateur et qui tentent de maintenir le texte dans les conclusions prises par le Grenelle de l'Environnement, j'aimerais, en tant qu'adhérent de notre mouvement, connaître votre position sur ces amendements notamment l'amendement Chassaigne.
Etant convaincu que vous y serez favorables car vous êtes le porte-voix des adhérents et que vous connaissez les pressions des entreprises chimiques et polluantes pour diriger l'agriculture mondiale,  je vous invite à dire d'une voix forte l'intérêt supérieur de l'environnement et du choix du  consommateur sur les intérêts financiers, peu soucieux de la nature, des ces seules entreprises.
Ensembles, soyons courageux et faisons que l'UMP soit la force politique courageuse, résolument tournée vers l'environnement.

Très cordialement,
Guillaume

Monsieur Goulard, député de ma circonscription: 

Monsieur le député,

Après les reculades de la majorité sur les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, j'aimerais connaître votre position sur ce texte et particulièrement sur l'amendement Chassaigne qui garantit des filières de production commerciales qualifiées «sans OGM».

Je suis électeur de Sarzeau, sur votre circonscription du Morbihan. Cette commune est placée dans un environnement extraordinaire et tellement fragile. Vous avez dit aller souvent sur notre Presqu’île de Rhuys.
Je connais votre liberté de parole. Aussi je vous invite à faire un geste fort en soutenant ces amendements qui nous protégent tous et équilibrent ce texte en le soustrayant aux pressions des entreprises chimiques et polluantes. Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Je vous remercie de me communiquer votre position sur ces amendements.
Cordialement,
Guillaume

Monsieur Grosdidier, seul député UMP favorable à l'environnement:

Monsieur le député,

Après les reculades de la majorité sur les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, je vous félicite de votre voix discordante et libre.
Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Je  suis membre de votre parti politique. Vous êtes la voix des membres de l’UMP qui veulent une agriculture raisonnée voire biologique et diversifiée et qui ne peuvent plus compter sur les autres parlementaires. Je suis scandalisé des propos du Premier ministre qui visaient à supprimer l’amendement Chassaigne. A quoi sert alors le Parlement ?

Continuez à faire ces gestes forts en soutenant ces amendements qui nous protégent tous et équilibrent ce texte en le soustrayant aux pressions des entreprises chimiques et polluantes.
Je vous remercie encore pour votre position et votre courage.
Cordialement,
Guillaume

Monsieur Copé, député qui s'acharne particulièrement contre les amendements défendant les consommateurs: 

Monsieur le député,

Après avoir lu votre position contre les différents amendements qui défendent le choix des consommateurs et qui tendent de maintenir le texte en conformité avec les conclusions du Grenelle de l'environnement, je suis surpris de voire votre acharnement à lutter contre ceux-ci.
Il me semble que protéger une filière sans OGM et défendre la libre expression des membres du futur Haut Conseil des biotechnologies ne peut aller que dans notre intérêt à tous.

Maintenir le flou sur l’origine des produits et briser la libre expression des professionnels dans l’instance consultative peuvent être des encouragements au manque d’honnêteté des études sur les OGM, menées par les entreprises agrochimiques (cf. étude de l’AFSSA notamment sur les impacts du maîs MON 810 qui contredisait les études de Monsanto).
Je tenais simplement à vous faire connaître ma déception. Les intérêts sont tellement importants, l’environnement est si fragilisé. Ce texte aurait pu être un signe fort de rupture.

Cordialement,
Guillaume

12.09.2007

Quid du droit au logement opposable?

On en avait beaucoup parlé, souvenons-nous, lors de la médiatisation du campement Saint Martin à Paris, impulsé par l'association des Enfants de Don Quichotte. Aujourd'hui, on en reparle mais c'est pour s'interroger sur son futur...

La Loi DALO (Droit Au Logement Opposable) avait été proposé par le gouvernement Villepin. L'actuelle ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, fut son rapporteur. Aujourd'hui, elle est chargé de préparer le décret mettant en place l'effectivité de la loi.

Y aurait-il eu un changement dans la vision de la ministre depuis? Un renoncement de cette loi qui devrait contribuer à la lutte contre le mal logement? On ne sait pas mais le décret d'application a été reçu relativement froidement par le comité de suivi, chargé de rendre applicable ce droit opposable. Effectivement, ce décret d'application écarte toute une population qui ne pourra plus se prémunir du droit opposable pour bénéficier d'un accès à un logement.

J'ai dû mal à imaginer Christine Boutin revenir sur ce projet qui lui tient à coeur, elle qui avait déposé une proposition de loi sur ce sujet dés septembre 2005.
Alors que L’article premier de cette loi stipule que «le droit à un logement décent et indépendant est garanti par l’Etat à toute personne […] qui n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir», le décret instaure une échelle de grandeur sur les cas à traiter en priorité.

Quoiqu'il en soit, l'objectif à atteindre est de supprimer les marchands de sommeil et les SDF malgré eux. Une voie pour un tel objectif n'est-il pas de construire rapidement de nouveaux logements avant l'application de la loi?

Le souffle de la révolution Sarkozy

Nicolas Sarkozy est une personnalité super active. Nous le savions. Certains le regrettent, comme la gauche qui semble préférer l'immobilisme... C'est, d'ailleurs, leur principal argument. Ce qui laisse penser à un vide idéologique dramatique.

Il chamboule tout, il fait trembler les lignes restées longtemps statiques, il a fait voter des lois qui étaient attendues depuis longtemps par les électeurs. Bref, Nicolas Sarkozy est lui-même une révolution, une rupture.
Qui pensait que le service minimum allait être applicable rapidement? Qui pouvait suggérer que le Revenu de Solidarité Active allait être expérimenté par la droite? Pas grand monde. Certes la majorité des français savaient qu'une nouvelle ère allait s'ouvrir avec le nouveau Président de la République. Il nous l'avais dit et l'a réaffirmé devant les agriculteurs lors de son discours à Rennes, au SPACE lundi 11 septembre: il ne nous trahirait pas, il ferait ce qu'il a dit.

Cette activité, dont la France est la première bénéficiaire, impose quelques interrogations: quelle est la place du Premier ministre? Quel est le régime de ces commissions nombreuses confiées à des personnalités éminentes? Quelle sera la responsabilité de ce président si engagé dans son action politique?
La réponse est en partie dans la question puisque Nicolas Sarkozy a entamé des dialogues, notamment par le biais de commissions. La principale est celle présidée par Edouard Balladur, sur la modernisation des Institutions de la Vème République.Elles sont toutes censées apporter des réponses qui doivent accompagner le changement profond des comportements et des manières de penser.

Maintenant, il aurait été bon de voir une opposition constructive. Je me félicite de voir Manuel Valls, député socialiste, qui a bien compris que le futur de la gauche n'est pas dans le sectarisme et le conservatisme, accepter une réforme des régimes spéciaux de retraite.Maintenant, peut-être faudrait-il commencer par le début: enfin accepter l'économie de marché, base de nos relations actuelles. Mais cela, le parti socialiste, le plus fermé et le plus réactionnaire d'Europe, en est-il capable ?

03.09.2007

Reprise du blog

Reprise des cours, reprise du train-train quotidien!!
Cette reprise sera-t-elle "chaude"? Les jours suivants nous le diront!

Énormément de réformes importantes et courageuses ont été votées par la représentation nationale, c'est un fait: Nicolas Sarkozy fait ce qu'il a dit lors de la campagne!


La gauche continue à s'enfoncer dans son conservatisme et ses rancoeurs. La liberté des personnalités dites "d'ouverture" sont bien là pour le prouver. Je suis sur que je vais avoir des réactions disant que ces personnalités socialistes, et qui le restent, sont des traîtres et des opportunistes.
C'est cela être socialiste: refuser la remise en question et se conforter même quand le navire prend l'eau!
Hollande nous en a donné une excellente illustration lors de l'université d'été du PS, désertée par tout le monde, la dernière semaine d'août. La faute appartient à Sarkozy..! Et il s'est cru crédible!

A très bientôt pour commenter l'actualité!

01.08.2007

Réformes à minima: la déception pointe...

On nous avait dit qu'ensemble, tout était possible, que la rupture allait tout balayer pour réveiller la Belle Endormie.
Aujourd'hui, la France ne s'est toujours pas levée: elle demeure dans un demi-sommeil.

Peines planchées, Université, Prisons, Service minimum dans les services publics, réforme de l'immigration... Le gouvernement a eu le courage d'ouvrir des dossiers importants et immédiatement.
Pour le moment, le service minimum est la réforme la plus courageuse mais également la plus simple tant l'exaspération des Français est grande. Obliger à se déclarer gréviste 48h avant la grève est nécessaire pour s'organiser afin de faire respecter le droit des usagers à la continuité du service public et à leur liberté d'aller et venir.
Rendre obligatoire le vote à bulletin secret après 8 jours de grève est la base de la démocratie et je m'interroge sur les craintes exprimées par la dictature syndicale, notamment CGTiste.

Un autre point courageux est celui de la loi portant modification de l'accès au regroupement famillale. Elle a le mérite d'allier la tradition d'accueil de la France avec la volonté d'une intégration. Connaitre la langue, prouver des ressources suffisantes sont pourtant la base pour une immigration qui ne soit pas miséreuse. L'intégration en sera plus que facilitée.
Il aura fallu attendre 2007 pour cela...

Concernant la loi sur la prison, on nous promettait une grande réforme sur la condition pénitentiaire. Nous n'aurons qu'une succession de petites lois qui traiteront de tel ou tel sujet. La première concerne la création d'un contrôleur des prisons. C'est bien pâlot...
Difficile d'espérer davantage de la part de Rachida Dati, ministre de la Justice, qui a fait voter la loi sur les peines planchées, qui fragilisent l'individualisation de la peine et dont un effet sera de mener 10 000 personnes en prison en plus... Seule l'abaissement de la majorité pénale de 18 à 16 ans est intéressante.
Bref, il y aura un contrôleur, entouré de 18 personnes seulement. J'espère que les secrétaires ne sont pas compris... Pire: rien n'assure qu'il puisse faire des visites inopinées, sans prévenir... Et pourtant, on parle d'indépendance.
C'est bien peu ambitieux face à l'attente du personnel pénitentiaire et face à la situation dramatique quotidienne des prisons.
Renforcer la réinsertion est la meilleure arme contre la récidive, améliorer la vie dans une prison est le meilleur rempart contre la violence. Pourquoi le gouvernement ne s'y attaque pas?
Je me félicite évidemment de la création de ce contrôleur mais je doute de son efficacité. Pourquoi ne pas améliorer le pouvoir des parlementaires de se rendre dans une prison?
L'avenir nous dira les vraies intentions du gouvernement sur ce sujet mais il ne paraît plus prioritaire.

Concernant les universités, la réforme est aussi à minima. C'est le meilleure exemple dans la mesure où on l'annonçait comme le plus gros chantier du quinquennat. Elle créée l'autonomie de l'université dans son budget et le recrutement de ses professeurs. Mais quid des frais d'inscriptions et de la sélection? Ha, les syndicats ne voulaient pas en parler...
A titre d'exemple: pour une année de Master (bac+4) à Rennes 1, en droit: 411, 47 € dont 172 € pour les cours et 192  € pour la sécurité sociale.
Pour un étudiant, la santé coûte plus chère que ses cours!
Et il faut savoir que l'Etat subventionne largement plus les écoles de commerce privées ( Entre 20 000 € et 53 000 € par étudiant) que les universités publiques ( 6 000 € par étudiant).

Il y a donc un semblant de continuité avec les gouvernements passés. Mais reconnaissons au moins que Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon a le mérite de traiter de tout les sujets. De plus, il reste plus de 4 ans pour renforcer ces réformes et les parfaire