29.04.2008
L’Europe veut-elle nous tuer ?
En France, un reproche est régulièrement opposé à l’idée européenne. On le retrouve systématiquement dans les argumentaires contre l’Union Européenne. Ce reproche est soulevé tantôt par les eurosceptiques tantôt par les gouvernements toutes couleurs partisanes confondues.
Il s’agit de la suprématie du droit européen qui confère une origine communautaire à 60% voire 70% des lois votées par nos Parlements nationaux. Cette suprématie, selon eux, serait à l’origine du ralentissement et de la fragilisation de notre modèle national. Bref, « nos problèmes, c’est à cause de Bruxelles ».
Les politiques qui critiquent ces normes communautaires sont les mêmes qui, quelques mois ou quelques années plus tôt, les ont arrêtées en Conseil des ministres de l’Union européenne. Le conseil de l’Union se rassemble pour fixer les politiques européennes après négociations entre ministres nationaux concernés qui ont pris, précédemment, les instructions auprès des chefs d’Etat ou de gouvernement respectifs. Ainsi, n’est ce pas brocarder de façon malhonnête l’Europe quand ces dirigeants n’osent pas assumer dans leur pays ce qu’ils ont accepté hier, à la table du conseil ?
De plus, le collège et le président de la Commission européenne, institution qui a un rôle majeur dans la procédure législative communautaire car elle en est l’impulsion, sont nommés par le conseil de l’Union, avec approbation du Parlement Européen.
A l’origine de ces acteurs politiques, ministre ou fonctionnaires européens, il y a le choix des citoyens qui votent pour leurs représentants nationaux. C’est donc bien l’électeur lambda qui détermine indirectement l’orientation politique de l’Union Européenne.
La skyzophrénie de nos élus, et de quelques associations, a plusieurs racines. La France est réputée pour transposer les directives en droit interne avec un retard moyen de 10 ans. L’absence de préparations des ces réformes communautaires, souvent structurels donc complexes et impopulaires, fait qu’elles sont mis en place dans la précipitation, sans recul suffisant. Devant les manifestations de salariés ou de consommateurs mécontents, il est plus facile de se défausser sur l’Europe plutôt que d’assumer son manque de réactivité voire sa mauvaise foi.
En guise d’exemple, je m’interroge d’ors et déjà sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, qui devrait intervenir à horizon 2010. Aujourd’hui, nous nous félicitons que la SNCF soit en bénéfice. En catimini, son déficit de plusieurs dizaines de milliers d’euros a été éclaté entre elle, Réseau Ferré de France (donc l’Etat et son premier actionnaire : le contribuable) et un service annexe d’amortissement de la dette (SAAD).
De plus, pour conserver un statut privilégié, le personnel chargé de l’entretien des infrastructures, compétence relevant de RFF depuis 1997, est resté à la SNCF qui se retrouve donc fournisseur et client de RFF. Cela me semble peu compatible avec les règles de concurrence et il me semble impossible que l’Europe reste silencieuse dans quelques années. Quid d’une réaction française immédiate ?
L’Europe est donc labellisée « bouc émissaire » par un personnel politique qui n’assume pas des choix passés et qui préfère lui imputer la responsabilité honteuse de réformes nécessaires. C’est un obstacle important pour la confiance en l’Europe. Cela témoigne aussi du manque d’information sur son fonctionnement et de la méconnaissance de l’imbrication entre les institutions nationales et les institutions européennes par le citoyen.
En tant que militants pour une Europe fédérale, résolument démocratique et accessible à tous, nous avons là un rôle majeur à jouer. Nos actions doivent contribuer à mettre un coup de projecteur sur l’Europe au quotidien, sans oublier la formation populaire sur ce qu’est l’Union européenne.
Pour en finir avec cette désinvolture, le renforcement du rôle des députés européens dans le processus normatif communautaire me semble nécessaire. Ces seuls politiques européens issus du suffrage universel direct seront ainsi revêtus d’une responsabilité. Au-delà du renforcement de la démocratie, celle-ci leur imposera une obligation d’expliquer le fonctionnement européen et l’impact de leurs choix dans la vie quotidienne des particuliers. Cette proximité des acteurs de l’Europe sera une avancée décisive pour rompre avec les idées fausses et antieuropéennes.
Enfin, n’oublions pas que la France n’est pas seule en Europe. Notre « franchouillardise » a effectivement du mal à se dire que d’autres modèles fonctionnement aussi bien voire mieux que notre modèle français. Gardons en mémoire que l’Europe s’est d’abord fondée sur l’ouverture entre Etats du continent.
Il reste que, si nous sommes en désaccords avec les orientations définies par l’Union, sachons prendre nos responsabilités : en 2009, votons pour choisir nos représentants au Parlement Européen. Plus la participation sera forte, plus leur légitimité sera renforcée.
Guillaume Delarue, Jeune Européen Rennes
18:47 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la droite sociale, ump, actualités, politiques, union européenne, suprématie, concurrence
16.09.2007
La proposition Jouyet: pro-Turquie en Europe
Ce blog a toujours dit son refus à l'intégration de la Turquie en Europe. C'est une porte ouverte sur la libre-islamisation de l'Europe et cela ouvrirait l'inconnu concernant la lutte contre le terrorisme.
Nous pouvons le comprendre: la Turquie n'est plus un pays stable depuis l'arrivée des islamistes au pouvoir, ce qui laisse planer une menace sur la laïcité. De plus, qui peut affirmer que la Turquie veut de l'Europe? En dehors d'Ankara, pas grand monde...
Par contre, sachant que la Turquie est un pays d'Orient ayant tout de même des relations avec l'Occident, ce blog encourage l'établissement d'un partenariat privilégié entre l'Europe et la Turquie.
La Droite Sociale avait applaudi la loi votée en 2005 qui imposait un référendum en France avant tout élargissement européen. Aujourd'hui, Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État aux affaires européennes,a proposé à la Commission chargée de la réforme des Institutions de la Vème dirigée par Balladur, de remettre en cause cette capacité du peuple français à choisir son Europe.
Il est pourtant clair que les technocrates européens ont fait une erreur en autorisant de perpétuels élargissements sans adapter précédemment les Institutions Communautaires. Confier ce pouvoir aux peuples qui composent l'Europe est une condition pour une Europe dynamique et soudée.
L'UMP s'est prononcée sur cette proposition de Jouyet, par le biais du blog de Patrick Devedjian, secrétaire général délégué du parti:
"Il faut empêcher la Turquie d’adhérer à l’Union européenne : d’abord parce que géographiquement elle n’est pas dans l’Europe, ensuite parce qu’elle ne partage pas nos valeurs démocratiques, enfin parce qu’elle est en conflit permanent avec ses voisins ce qui nous entraînerait dans la guerre alors que l’Europe c’est la paix. C’est un grand pays avec lequel nous devons établir un partenariat privilégié, ce n’est pas un pays européen.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a obtenu de nos partenaires européens que soit constitué un comité européen définissant les frontières de l’Europe. Dès lors que celles-ci auront été définies et que la Turquie en sera naturellement exclue, le dispositif constitutionnel spécifique qui avait été inventé pour empêcher l’entrée de la Turquie devient plus nuisible qu’utile. Mais l'abandon du référendum n'est concevable qu'en échange de la garantie par l'Union européenne que la Turquie n'adhérera pas.
Ce qui explique la proposition Jouyet, c'est qu'il y a de vrais pays européens, comme la Norvège ou la Suisse ou les pays des Balkans, qui ont vocation à entrer dans l’Union européenne dans les mêmes conditions que les pays qui les ont précédés. Il me paraît dangereux de conférer aux adversaires de la construction européenne un pouvoir de veto qui emprunte souvent les voies de la démagogie.
Il faut en même temps reconnaître que c’est faute d’avoir le courage de s’opposer à l’entrée de la Turquie que nos dirigeants politiques ont délégué la responsabilité au suffrage populaire : je pense que le fond de la question est de savoir s’opposer politiquement et fermement à l’adhésion de la Turquie à l’Union."
Je rejoins totalement cet avis: on ne pourra revenir sur cette loi uniquement si les gouvernants donnent aux français la certitude que l'Europe fera seulement un partenariat avec la Turquie.
Le Président Sarkozy a annoncé qu'il se prononcera lors de la remise des travaux de la Commission en décembre prochain. Restons attentifs...
20:14 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la droite sociale, actualité, politique, turquie en europe, Union Européenne, Jean-Pierre Jouyet, Patrick Devidjan






